Machiavelic Fantasy: présentation de l'oeuvre.

Machiavelic Fantasy: présentation de l'oeuvre.
Machiavelic Fantasy, c'est quoi? Tout simplement un roman retraçant l'histoire de plusieurs personnages, mêlant deux mondes différents. Ce scénario a été réalisé à plusieurs, en fait j'ai adapté les archives de conversation msn d'un rp (jeu de rôle) commencé depuis février et encore loin d'être terminé (et les archives font déjà mille pages :x) avec Zaral'bak, et on a même la chance d'avoir une guess-star, à savoir Caashen, qui joue Meku...Car sans Meku, Machiavelic Fantasy ne serait pas Machiavelic Fantasy^^. Bref, laissez-vous emporter dans cette histoire, et chaque semaine, découvrez un nouveau chapitre! (y en a déjà treize d'écrits, mais je veux pas vous décourager en balançant tout d'un bloc^^.)


Pourquoi ce titre? Parce qu'il s'agit d'un enchevêtrement de machinations, de complots, et de coups-fourrés, allant du simple jeu de pouvoir à l'anéantissement du monde, du simple différend au plus grand d'entre tous les combats, de la simple intrigue au plus complexe de tous les plans...

Allez, bonne lecture et amusez-vous bien!



Avancement:


Prologue: Comment tout arriva


Chapitre I - page 1
Chapitre II -page 2
Chapitre III - page 3
Chapitre IV - page 4
Chapitre V - page 5
Chapitre VI - page 6
Chapitre VII - page 7
Chapitre VIII- page 8
Chapitre IX - page 9
Chapitre X - page 10
Chapitre XI - page 11
Chapitre XII - page 12

Première partie - L'armée du chaos

Chapitre XIII - page 13
Chapitre XIV- page 14
Chapitre XV - page 15
Chapitre XVI - page 16
Chapitre XVII - page 17
Chapitre XVIII - page 18
Chapitre XIX - page 19
Chapitre XX - page 20
Chapitre XXI - page 21
Chapitre XXII - page 22
Chapitre XXIII - page 23

Deuxième partie - Le calme avant la tempête

Chapitre XXIV - page 24
Chapitre XXV - page 25
Chapitre XXVI - page 26
Chapitre XXVII - page 27
Chapitre XXVIII - page 28
Chapitre IXXX -page 29
Chapitre XXX - page 30
Chapitre XXXI - En cours de rédaction

On fait de la pub comme on peut:p


MàJ du 9/02/2007 :

Oulaaaaaaaaah plus d'un mois sans update!! Ca ne va plus du tout, oulahlalala. On va se ratrapper, et vite. Déjà j'ai repris la fac, j'aurai un peu plus de temps sans parler de la semaine de mars ou j'irai au ski coupée du net - mais j'avancerai MF depuis mon pc portable muahaha. Bref. Quoi dans le chapitre 30? Ah ah ah, à vous de lire^^. OUi si j'ai mis tant de temps c'est parce que j'ai re-corrigé les deux premiers chapitres (mais je ne les mettrai pas ici. JE laisse les versions définitives pour le site officiel bientôt en construction (c'est quelqu'un de doué qui va le faire :D))

Le chapitre Trente est le retour à la maison de Woofang et Kendrakar de leur expédition, ainsi que l'"accouchement" de Shadow (souvenez vous qu'elle était enceinte d'un des démons de Loïc).

Le chapitre trente et un est un bonheur à adapter^^.

Eh les gens, vous pensez qu'y a des chances qu'on soit éditées? Honnêtement? On ne sait pas trop si on doit y croire ou non... laissez vos commentaires, ce qui vous a plu, déplu,ainsi que ce qui n'est pas clair (si vous laissez votre mail on vous répondra) et ce que vous auriez aimé voir, cela nous aidera beaucoup. (si des choses ne sont pas claires on rajoutera de l'explication, mais il est évident qu'on ne changera pas l'histoire si les noms des persos ne plaisent pas, par exemple, bref :p) Laissez vos commentaires (pour peu qu'ils soient constructifs).



Avis aux petits floodeurs: j'efface d'office tous les commentaires à caractère publicitaire, et sans rapport avec Machiavelic Fantasy. Ce blog n'est pas un produit commercial. Pour les inscrits à boosterblog, sachez que je n'ai inscrit ce blog que pour qu'il soitlu par plus de monde, ne votez pas si vous n'aimez pas, car jene voterai en retour que si votre blog me plait et non pas parce que vous avez voté pour moi. Que ce soit clair.

SI VOUS VOULEZ LAISSER L'ADRESSE DE VOTRE BLOG EN COMMENTAIRE, REPONDEZ D'ABORD A CES QUESTIONS (sinon votre comm sera supprimé)(les questions changeront souvent:p)

1 - Quel est le nom de famille de Kendrakar
2 - Quelle est le nom de la capitale aldarianne
3 - Qui est Shin-ru?
4 - A quelle race appartient Altaïr?
5 - Quel est le nom de la tour de Shadow?
# Posté le lundi 10 octobre 2005 15:30
Modifié le mardi 05 juin 2007 02:21

PREMIER CHAPITRE - part I

Chapitre premier
- Comment tout arriva. -



Noris arriva devant la grille du palais royal. Ce n'était pas exactement le point d'arrivée qu'elle avait prévu, mais elle n'était qu'une novice. Car la jeune fille n'était encore qu'une apprentie dans l'art de la magie élémentaire, et même si sa maîtresse était des plus renommés qui fussent, le pouvoir de voyager entre les mondes n'était pas encore totalement acquis. C'est pourquoi elle avait préféré utiliser un anneau qui dispensait le voyageur planaire de lancer son sortilège. Mais apparemment, c'était un objet qu'elle n'avait pas encore le niveau d'utiliser. Après réflexion, elle en conclut cependant que cela était peut-être mieux qu'elle ne soit pas apparue directement au beau milieu du palais impérial. Pour l'heure, elle se trouvait le long du mur d'enceinte de l'immense édifice qui dominait depuis les hauteurs de la ville, ville dans laquelle s'affairaient déjà seigneurs et commerçants. En longeant le mur en quête d'une entrée, les gens qu'elle croisa la dévisagèrent tous de manière assez dérangeante. Sûrement à cause de sa tenue vestimentaire : alors que les dames et les jeunes filles portaient des longues robes légères dotées de manches flottantes, et qui laissaient le dos dénudé, Noris portait quant à elle une robe courte, resserrée à la taille par une large ceinture dorée sur laquelle se lisaient diverses inscriptions, et des bottes d'un cuir qu'on ne trouvait pas ici dotées d'ailerons sur les côtés.

La jeune fille, après avoir longé le mur quand même un petit moment, finit par arriver sur une grande place : l'entrée du palais. Et elle était évidemment bien gardée. Elle plaignit tout de même la dizaine d'hommes qui se tenaient là, devant une immense grille de métal, ornée d'or, car le soleil qui se reflétait sur ses cheveux couleur du feu, terminés par des pointes noires, réchauffait déjà bien l'atmosphère malgré l'heure matinale, et contrôler dans ces conditions l'accès à la grande allée bordée de jardins menant au parvis du palais s'annonçait plutôt pénible. Cependant, si l'uniforme n'était pas fait pour être confortable, le plastron, et le casque à crête qui contrastait avec une cape sombre donnait aux hommes qui le portaient fière allure.

La jeune fille était tout de même un peu impressionnée. Non pas que le luxe fût quelque chose de nouveau pour elle, elle vivait dedans depuis qu'elle avait été recueillie par sa maîtresse, mais l'endroit avait quelque chose de dépaysant. Alors que de là où elle venait, la grandeur d'un endroit s'évaluait surtout à sa hauteur, ici, c'était plutôt la surface qui faisait la différence. Noris prit son inspiration. L'heure était venue de ne pas faillir à sa mission. Ou plutôt, la mission qu'elle s'était imposée. Elle savait que cela était un peu gros de venir comme ça, mais après tout, son statut de disciple élémentaire lui avait déjà permis de croiser les plus grands de son propre monde, elle avait fini par s'habituer à être reçue partout où elle voulait aller. Et là, elle avait besoin de l'aide de l'empereur du royaume dans lequel elle venait de se transporter. Elle ne le connaissait pas personnellement, mais elle connaissait son ennemie, et c'est pourquoi elle savait qu'il n'y aurait que lui pour l'aider. En approchant, elle entendit des bribes de conversations, et ce qu'elle entendit la rassura : les gardes parlaient le commun. Le commun était la langue universelle qui permettait à tous de se comprendre, du moins ceux qui avaient de la culture, et en y réfléchissant, Noris en convint qu'il eût été étrange que dans une ville aussi importante que celle dans laquelle elle se trouvait à présent, Dar-him, on ne parlât que la langue locale.

Elle s'avança vers le garde le plus proche de la porte, ou plutôt, elle se faufila juste derrière lui, et l'interpella.

« Excusez-moi...commença t-elle poliment. »

Le garde posa son regard sur elle. Elle avait été si discrète qu'il ne l'avait pas vue venir. C'était une mauvaise chose pour un homme justement censé empêcher ce genre d'individus de rentrer. C'est sans doute pourquoi, furieux envers lui-même de s'être laissé surprendre, il demanda d'un ton un peu brusque :

« Vous êtes qui vous...
-Je m'appelle Noris... Et j'aimerais voir celui que vous nommez Altaïr, répondit Noris poliment, mais sans hésitation. »

Le garde la regarda d'un air légèrement moqueur. Elle avait à peine seize ans, et elle demandait déjà une audience privée avec l'empereur d'Aldaria. Elle ne semblait pas se rendre compte que cela n'était pas rien. Il la prit de haut, et dit d'un ton rempli d'évidence :

« On n'entre pas au palais comme dans un moulin jeune fille. »

Il la dévisagea de haut en bas en disant cela; elle était décidément vêtue de manière étrange, avec ses deux larges bracelets dorés et ses bottes d'un cuir qu'on ne trouvait pas ici.

« Je ne sais pas d'où tu viens, mais il faut être attendu ou invité pour y accéder, ajouta t-il. »

Noris trouva cette réplique d'un goût douteux. Elle perdit légèrement patience : elle avait besoin d'aide pour une affaire qui lui tenait à c½ur et voilà que tout près du but elle n'était même pas sûr de réussir !

« A ce que je sache, il n'a pas non plus été invité le jour où il a tué ma mère, lança t-elle d'un ton légèrement cynique, peut-être un peu effronté. »

Le garde la considéra un instant. Oui, il comprenait ses habits étranges à présent. Mais elle ne se prenait décidément pas pour n'importe qui, elle avait de ces manières !

« Ha, tu dois venir du Nord...dit-il. Et bien je crains que tu ne doives renoncer à tes envies de vengeance. »

Noris ne venait évidemment pas du Nord, ou plutôt, si, mais pas le Nord auquel l'homme songeait. Elle n'allait cependant pas révéler ses origines à un garde qui ne consentait déjà pas à la laisser entrer, cela ne ferait que la rendre encore plus suspecte. Elle soupira, et répondit :

« Je ne comptais pas me venger... D'ailleurs, si je comptais le faire, déjà, j'aurais fait appel à plus fort que vous pour m'aider à entrer de force. »

Elle leva les yeux vers le garde. Il était plutôt grand, la cinquantaine, assez imposant, sûrement l'uniforme. Il avait en tout cas l'air de beaucoup s'amuser, pour une fois que quelqu'un venait troubler sa routine quotidienne. Noris quant à elle gardait un air impassible, un peu énervée par tant de discussion. Le garde continua :

« Qu'est-ce que tu fais là alors ?
-J'essaie d'entrer, répondit Noris. Et vous, vous êtes en train de me faire perdre mon temps. »

La jeune fille fit alors signe au garde de s'approcher, comme si elle s'apprêtait à lui faire une confidence.

« Je t'ai dit que tu ne pouvais pas entrer, répliqua t-il sèchement en se penchant tout de même. »

Noris regarda autour d'elle comme si elle avait peur d'être entendue, puis murmura d'un ton de confidence, mais plein d'assurance :

« J'ai un message très important de la part d'un Seigneur des royaumes oubliés...Il est classé hautement confidentiel...
-Et moi je m'appelle Eridal, et je suis le roi des glaces, répliqua le garde qui ne la croyait visiblement pas en se reculant, et il avait raison.
-L'empereur serait très ennuyé s'il apprenait que vous ne laissez pas entrer ses messagers...poursuivit Noris qui n'en démordait pas. »

Puis elle soupira, ce ne serait pas la peine de discuter. Elle lui tendit une lettre. Evidemment ce message ne venait pas d'un seigneur des Royaumes Oubliés, Noris ne s'était même jamais rendu là-bas, il avait été rédigé de sa propre main, justement au cas où.

« Bon et bien si vous ne me croyez pas, vous n'aurez qu'à lui remettre vous-même.
-Les messagers arrivent à cheval et avec un laissez-passer.
-Les coutumes des Royaumes ne sont pas les mêmes, se défendit Noris qui n'en avait à vrai dire aucune idée. »

Elle aurait certes très bien pu dire d'où elle venait réellement, mais elle avait peur que son monde fût mal vu, alors que tout le monde connaissait les Royaumes Oubliés, et la réputation qui allait avec. Et puis, un simple garde n'avait tout simplement pas à connaître ses motivations. Au moins, eux étaient une valeur sûre. Mais leur négociation fut arrêtée par un bruit de fond qui se fit entendre, venant de l'autre côté du mur d'enceinte. Et soudain, un seigneur de la cour cria depuis l'intérieur :

« Ouvrez les portes ! Faites places !! »

Le garde sursauta, Noris s'écarta de l'immense grille.

« Et bien, tu as entendu ? Il faut que tu ouvres la porte, dit-elle au garde, d'un ton moqueur et plein de suffisance. »

Déjà, les badauds s'amassaient, les autres gardes, aidés par d'autres venus en renfort, vinrent faire un rempart miniature pour les repousser. La grille se souleva. Noris fut légèrement soufflée par sa hauteur, elle était plus imposante encore en mouvement que lorsqu'elle était fermée. Tout à coup, une troupe de nobles seigneurs, tous bien vêtus, selon leur rang, débouchèrent au galop depuis l'intérieur de la cour, sans prendre garde aux piétons qui devaient s'écarter sur leur passage. Au milieu d'entre eux, un homme grand, imposant et d'une indéniable beauté, escorté par un homme encapuchonné sur l'épaule duquel un corbeau noir aux yeux flamboyants était perché, semblait mener la marche. A voir comment tous étaient équipés, Noris déduisit qu'ils partaient à la chasse, événement qui avait l'air d'en réjouir plus d'un, du moins était-ce ce que traduisaient leurs mines ravies.

La jeune fille profita de la confusion pour regarder à l'intérieur, voir si elle pourrait se frayer un passage. Elle fut interrompue dans son entreprise par le corbeau de l'homme aperçu plus tôt qui se mit à l'attaquer en lui donnant des coups de becs bien placés, et le raffut qu'il faisait suffit à alerter le garde. Lorsqu'il s'avança dans leur direction et que tout risque d'intrusion de la part de la jeune fille fut écarté, l'oiseau retourna s'envoler chez son maître.

Cette fois c'était au garde d'avoir un air plein de suffisance. Elle s'était fait prendre si facilement... Il lui annonça :

« Tu voulais voir l'empereur ? Il vient de passer.
-L'empereur ? »

Noris sursauta et se retourna, et regardait la troupe qui s'en allait au galop. Elle savait certes qu'elle se trouvait devant le palais impérial, et que donc celui qu'elle cherchait résidait à l'intérieur, mais elle ne s'était pas attendue à le voir passer devant elle ainsi. Dans son monde à elle, l'empereur –ou plutôt l'impératrice – ne sortait jamais du palais, hormis pour les réunions officielles importantes des ordres supérieurs. Encore une différence qui la dépaysa un tant soit peu.

« Précisément, assura le garde avec une note de condescendance dans la voix.
-Je vois... »

Les cavaliers entamèrent la traversée de la ville qui entourait le palais impérial, et ralentirent l'allure, jusqu'à sortir du champ de vision de la jeune fille. Noris soupira, elle commençait à être fatiguée. Il faut dire qu'elle venait de traverser deux plans pour arriver jusqu'ici, et que les voyages entre les mondes avaient le don d'épuiser les novices en magie. Certes, elle avait pour cela usé d'un anneau, mais tout de même, cela était éreintant.

Novice, mais novice assez puissante pour se servir d'un objet qui exigeait un niveau assez élevé dans la maîtrise de la magie. Et cela n'était pas donné à tout le monde. Car se servir d'un artefact puissant impliquait obligatoirement faire montre de la plus grande des attentions au risque qu'il provoquât quelques imprévus qui étaient rarement les bienvenus. La jeune fille dit alors d'un ton las :

« Bon, et bien j'attendrai qu'ils reviennent.
-Les auditions du peuple ont lieu trois fois par semaine, et il faut aller s'inscrire au temple, répondit le garde, qui commençait à prendre en pitié la jeune fille. Si tu es patiente, tu auras droit à une entrevue. »

Le garde la ramena gentiment à la grille, car Noris avait tout de même réussi à pénétrer de cinquante centimètres à l'intérieur. Elle tirait une moue dépitée, elle ne s'était pas attendue à ce qu'il fût aussi laborieux d'obtenir un entretient avec l'empereur. Mais malheureusement son statut de disciple élémentaire n'était pas universel, et il ne valait pas grand-chose ici.

« Bien...je vais m'inscrire...J'ai le temps après tout... »
# Posté le lundi 10 octobre 2005 15:48
Modifié le lundi 21 novembre 2005 11:38

PREMIER CHAPITRE - part II

Noris s'éloigna. Au-dessus d'elle le corbeau qui avait à nouveau quitté son maître faisait des allers-retours, décrivant des cercles dans le ciel, et une fois que la jeune fille se fut suffisamment écarté du mur d'enceinte, il prit la forme d'un dragon à peine plus grand qu'un chat, et fila vers les cavaliers. Et les badauds qui se trouvaient là semblèrent trouver l'événement parfaitement normal. A vrai dire, cela ne choqua pas non plus la jeune fille qui avait l'habitude de côtoyer ce genre de créatures étranges, dotées de la possibilité de changer d'apparence. En se renseignant, Noris finit par trouver le temple, il faut dire que ce ne fût pas bien difficile, on eut même l'air de lui reprocher de ne pas savoir où il se trouvait.

Le temple était un immense et magnifique bâtiment. Il possédait un parvis grand de deux pâtés de maison, surélevé de quelques marches et gravé d'un pentacle symbolisant un dragon et un Invokeur. Les invokeurs étaient des mages de haut niveau ayant été formés au temple, et au service du dieu de l'empire, Daermon.
Le front du bâtiment était orné d'une grande statue à l'effigie de Daermon, le dragon à la forme humaine tendant un poing vers le ciel toutes ailes déployées, son autre main tenant un bâton qui formait un bas-relief horizontal barrant le bâtiment d'un bout à l'autre de la façade. Le bâtiment était bien haut de trois cents mètres.

L'entrée était quant à elle une grande arche entre les jambes de la statue. Elle donnait sur le hall, une immense salle parsemée de piliers soutenant le très haut plafond. La pièce parsemée de différentes portes sur les flancs et le fond était cerclée d'un balcon, au-dessus duquel se trouvaient les vitraux qui éclairaient le tout. Le sol marbré était gravé de pentacles de même que les murs achevant là l'impression de grandeur que l'endroit dégageait. Il y avait peu d'effigies, seulement quelques unes de grands Invokeurs. Et une seule de Daermon dans le fond. Il y avait beaucoup de passage dans cette salle, on y discutait, riait et pleurait ou bien encore on ne faisait que passer.

Le reste du bâtiment était un véritable dédale de couloirs, donnant sur un grand nombre de salles et de cours dont l'agencement laissait parfois perplexe par rapport à la taille du bâtiment vu de l'extérieur.
Ca et là des membres du clergé allaient et venaient, et elle la jeune fille dut encore mettre une dizaine de minutes avant de trouver l'endroit adéquat pour exprimer sa requête.

Il lui fallait à présent faire la file. Heureusement, l'attente ne fut pas trop longue. Cependant il lui fallut une longue négociation pour obtenir une entrevue avec l'empereur, une semaine plus tard. Car même ainsi, ne voyait pas le souverain qui voulait.
Une fois sortie, elle erra dans la ville, la tête basse, pensive. C'était une jolie ville d'ailleurs. Il y avait foule, et dans chaque ruelle se trouvaient des boutiques et des échoppes de pierre, les rues étaient pavées et au vu des vêtements des gens qu'elle croisait, et de la beauté des maisons, elle en déduisit qu'elle se trouvait dans les beaux quartiers. Peut-être était-ce la raison pour laquelle tout lui semblait si cher, dans cette monnaie qu'elle ne connaissait pas, et dont elle ne possédait pas le moindre sou. Elle avait prévu d'atterrir directement dans le palais impérial, en face d'Altaïr. Mais elle n'avait pas pensé à la barrière magnétique qui protégeait l'édifice. Ajouté à son manque d'expérience, cela lui avait valu d'arriver du mauvais côté du mur d'enceinte, et il s'en était fallu de peu pour qu'elle n'arrivât plus loin encore. Noris soupira. Qu'allait-elle faire pendant une semaine, sans aucun repère, sans même comprendre le langage que les gens du peuple parlaient ? Car hors des grandes institutions, tout le monde ne parlait pas commun. Non, une semaine, c'était beaucoup trop long. Elle erra un moment sans savoir où elle allait, croisant nombre de nobles et de gardes, qui la regardaient étrangement.

« Il faut que je trouve un autre moyen d'entrer... Il me faut un cheval, des vêtements du pays, et un laissez-passer... ça doit bien se trouver quelque part. »

Elle regarda ses doigts sur lesquels elle avait fait l'inventaire. Trois choses qui devaient certainement être très coûteuses... Et elle qui n'avait pas d'argent...

« Je vois qu'un moyen...j'aime pas faire ça...mais visiblement je n'ai pas le choix... »

Noris soupira. Il lui faudrait recourir au vol, c'était la seule solution. Mais elle se dit que dans une grande ville comme ça, il devait sûrement y avoir une guilde organisée avec laquelle elle pourrait traiter contre une part du marché...

Elle était absorbée dans ses pensées si bien qu'elle n'entendit pas le bruit de sabots sur les pavés qui constituaient la route. Un cheval qui s'était emballé arrivait droit sur elle. C'était un petit cheval brun, à la crinière noire, l'air vif. Il finit par passer à côté d'elle mais elle ne réalisa pas tout de suite que la monture qu'il lui fallait venait de lui passer devant. Lorsqu'elle s'en rendit compte, le petit cheval, plutôt bien harnaché, s'était arrêté un peu plus loin boire dans une fontaine publique. Elle courut derrière pour le rattraper. Arrivée à sa hauteur, elle tendit la main vers lui. Il s'agissait de ne surtout pas l'effrayer, et pour cela elle s'aida un peu de sa magie, afin d'augmenter ses chances de mettre le bel animal en confiance.

« Mon jour de chance... »

Elle caressait son doux pelage, attendant qu'il finisse de se désaltérer pour pouvoir le monter, lorsque soudain, elle entendit une voix derrière elle, dire d'un ton essoufflé :

« Merci... »

C'était du commun, Noris fut rassurée d'entendre une langue connue. Elle se retourna. La voix appartenait à un garçon d'une dizaine d'années, aux cheveux blonds, à l'air doux et espiègle. Il portait des vêtements qui à l'origine devaient être de bonne facture, mais venant visiblement de tomber, ceux-ci étaient à présent sales et déchirés. Sur sa tête on pouvait voir deux oreilles pointues, marquant clairement son appartenance à la race elfique. Son regard allant de la bête au petit garçon, Noris finit par faire la relation entre les deux.

« Tiens, voilà ton cheval, lui dit-elle en souriant. Tu vas bien ?
-Oui, c'est gentil de ta part, je ne pensais pas le rattraper, remercia l'enfant.
-Il est très mignon, fais-y attention. Par contre toi, tu m'as l'air mal en point... Tu veux quelque chose ?
-Un chien, répondit l'enfant, ce qui amusa Noris. J'ai un peu mal au dos, mais ça va. »

La jeune fille soupira, il allait lui falloir trouver autre chose, mais au moins, ce petit n'avait rien. Elle lui sourit, puis prit congé en lui disant de faire attention à lui et à son cheval, lorsque soudain, une voix, d'un ton mêlé de moquerie et d'arrogance, vint interpeller le petit garçon.

« Alors Enarlis, tu vides tes étriers plus vite qu'un archange ! »

Un jeune homme d'une vingtaine d'années, peut-être plus, arrêta son cheval juste devant eux, faisant le beau, ses cheveux blonds reflétant le soleil. Richement vêtu, il avait une légère ressemblance avec le petit, et lui aussi avait une apparence elfique. Un autre éphèbe l'accompagnait, il s'agissait de son inséparable ami. Noris n'appréciait pas trop le ton avec lequel le nouveau venu s'était adressé au petit elfe, mais sa beauté avait suffi à la rendre admirative, la jeune fille étant en effet assez superficielle dans son genre. Elle s'adressa au dénommé Enarlis, qui venait de remonter sur son petit cheval. Celui-ci affichait clairement une moue boudeuse.

« Bon, on vient te chercher, c'est une bonne chose, fit Noris.
-Tu parles, répliqua Enarlis d'un ton qui appuyait ses paroles.
-Ce sont tes frères ?
-Mon frère, et son ami...maugréa l'enfant.
-Je vois... m'enfin, c'est déjà mieux que traîner tout seul dans cette grande ville...tenta vainement de le convaincre Noris. »

Mais le petit ne voulait pas donner l'impression de perdre la face, pas devant une jeune fille inconnue, et encore moins donner raison à son frère. Il se tourna vers son celui-ci, l'air accusateur.

« Tu as triché Daran ! Ton cheval a l'habitude de courir en ville !
-Je t'ai dit que ton poney n'arriverait pas à suivre, minus. »

Les deux frères commencèrent à se chamailler, sous le regard amusé de l'ami de Daran. Il était certes beau, mais Noris lui trouvait un petit air crétin cependant. Au moins, il ne prenait pas part à la dispute. Il avait d'ailleurs l'air habitué. La jeune fille se sentait gênée et se dit qu'il lui vaudrait mieux s'en aller.

« Je vais vous laisser, s'excusa-t-elle, et euh...bonne continuation à toi Enarlis. »

Enarlis la regarda d'un air déconfit.

« Mais non, viens !!
-Je n'ai pas trop le temps tu sais...
-Mais ça fera enrager mon frère, oh allez s'il te plaît, supplia Enarlis, à voix basse.
-Il faut que je trouve un moyen d'entrer un palais, une autre f...
-D'entrer au palais ? l'interrompit Daran.
-Oui, répondit la jeune étrangère. Oh et puis, après tout...J'ai une semaine devant moi....
-Allez, monte, dit Enarlis en souriant. »

Noris hésitait encore, mais un regard envers Daran suffit à la motiver. Elle trouvait injuste son comportement envers Enarlis, et si comme ce dernier le disait, cela pouvait le faire enrager... Elle finit par accepter cette invitation d'un hochement de tête et monta, après tout, un peu d'équitation ne lui ferait pas de mal. Daran eut un ricanement dédaigneux et s'en alla avec son ami, tous deux sur leurs grands chevaux. Enarlis demanda alors à Noris, d'un petit ton curieux :

« Que veux-tu faire au palais ?
-Moi ? Euh, et bien, parler à celui que vous nommez « Altaïr »
-Je peux t'aider si tu veux, dit Enarlis d'un ton tout content de pouvoir se rendre utile. Parce que l'empereur, c'est mon parrain ! »

Noris manqua de s'étouffer sous le coup de la surprise. Elle n'y crut pas au début, mais le petit avait l'air tellement fier, un grand sourire fendant son visage, qu'elle comprit qu'il disait la vérité.

« Ton parrain...Et ben ça c'est de la chance ... »

Enarlis hocha la tête pour confirmer.

« Tu m'as rendu service, maintenant c'est à mon tour, ajouta t-il avec un sourire.
-Et bien...merci beaucoup...remercia Noris, gênée.
-Tu ne lui veux pas de mal au moins ? demanda t-il d'un ton soupçonneux.
-Non non, se défendit Noris. De toute façon, même si je voulais, je ne pense pas en avoir le pouvoir, ajouta t-elle ensuite avec un petit rire.
-C'est vrai, répliqua fièrement Enarlis. Surtout avec Morgan ! Allons-y alors !
-Morgan ? s'informa Noris tandis qu'ils passaient la grille sous les yeux du garde ahuri, qui manqua de s'étouffer lorsqu'il aperçut Noris avec le filleul de l'empereur, surtout lorsque celle-ci fit de grands signes pour le saluer, l'air narquois.
-C'est son garde du corps... Ce type me fait peur.
-Bah tu sais, voulut le rassurer Noris, si c'est le garde du corps de l'empereur, il est forcément digne de confiance.
-Il peut battre n'importe qui, même mon père ! Et il s'occupe des leçons d'escrime de l'empereur.
-Tant qu'il ne le surpasse pas...
-Ho, il le surpasse je pense...
-Je ne pense pas...Je ne sais pas, je ne les connais pas en fait... »
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# Posté le lundi 10 octobre 2005 15:51
Modifié le dimanche 04 décembre 2005 07:28

PREMIER CHAPITRE -part III

Noris fut conduite aux écuries par Enarlis, où celui-ci déposa son cheval. Il l'aida à descendre de sa monture tel un petit gentleman. Il y avait beaucoup de monde, et jamais Noris n'avait vu autant de chevaux au même endroit, et encore, c'était sans compter ceux qui avaient été réquisitionnés pour la chasse. Le petit avait l'air tout fier de faire découvrir le palais à sa nouvelle amie. Il confia son cheval à un palefrenier qu'il connaissait. Puis il se tourna vers Noris.

« Avec un peu de chance, on va pouvoir l'attraper à la fin de la chasse juste avant que les seigneurs ne se réunissent. Viens !
-Mais...il sera fatigué... »

Le petit ne tint pas compte de ses protestations, et l'entraîna dans un dédale de couloirs de service hallucinants. Jamais Noris n'avait vu telle merveille, même la tour de la Windgardiaw, sa maîtresse, n'était aussi prestigieuse. Néanmoins, la perspective de bientôt rencontrer l'empereur ne la laissait pas de marbre, et elle sentait l'anxiété la gagner. Ce n'était pas rien... et à vrai dire, elle avait du mal à y croire.

« Tu sais, je peux attendre qu'il ait le temps...murmura vaguement Noris, regardant autour d'elle, fascinée.
-Il est de bonne humeur aujourd'hui, il faut en profiter !
-Je vois... Bon, et bien je ferai comme tu diras, se résigna la jeune fille. Après tout tu le connais sûrement mieux que moi... »

Elle se tut, et manqua de renverser Enarlis qui s'était arrêté à un angle. Il avait un air de victoire sur le visage.

« Héhé, pile, regarde ! »

Noris pencha la tête pour voir. Elle reconnaissait les hommes qui étaient sortis du palais plus tôt, ceux qui avaient participé à la chasse. Ils avaient l'air épuisés mais satisfaits, et ils commençaient déjà à se séparer pour aller vaquer à leurs occupations personnelles. Elle vit l'empereur saluer maints seigneurs avant d'emprunter le couloir dans lequel Enarlis ainsi qu'elle-même se trouvaient. Elle recula se cacher dans un recoin sous l'air amusé du jeune garçon, commençant à trouver son initiative déplacée. Elle s'en voulait un peu, se mettre à douter au moment d'agir avait toujours été son défaut, et à plusieurs reprises cela lui avait porté préjudice, la magie qu'elle pratiquait demandant une certaine concentration.

L'empereur était suivi d'un homme assez grand, au teint sombre, et aux yeux vert émeraude. Il avait un air sombre qui fit peur à la jeune fille. Il faut dire que de là où elle venait, tout ce qui tenait de l'elfe noir était mal vu... Et celui-ci avait bien l'air d'en être un, du moins à moitié. Enarlis murmura un « c'est lui, Morgan », et Noris hocha la tête, elle avait reconnu à ses habits l'homme encapuchonné qui tout à l'heure se tenait juste derrière l'empereur. Mais à bien y regarder, celui-ci était plus petit que celui qu'il servait, et le dénommé Altaïr n'était même pas armé.

« L'empereur, c'est celui habillé en rouge avec la couronne, la renseigna inutilement Enarlis.
-Je sais...et l'autre, c'est celui qui te fait peur ? murmura Noris en guise de réponse.
-Ouais, enfin, il est très obéissant... uniquement à mon père et à l'empereur, pour les autres, mieux vaut ne pas le regarder de travers...
-Oui mais je vais quand-même pas le déranger maintenant...
-C'est le moment ou jamais, insista Enarlis. S'il se plonge dans autre chose, tu vas devoir attendre des lustres. »

Noris déglutit, à présent, elle n'était plus du tout sûre d'elle. Ce qu'elle faisait était de la folie, et même si pour elle la raison de sa visite était importante, cet homme si grand, si majestueux et si noble avait sûrement mieux à faire que daigner perdre son temps pour exaucer le souhait d'une enfant de seize ans. Ce qu'elle s'était donnée pour mission extrêmement importante lui paraissait à présent totalement insensé. Elle tenta une dernière excuse. Inutile.

« Oui m'enfin je sais même pas comment on salue dans ce pays...
- Contente-toi de te baisser, répliqua l'enfant pour qui parler à l'empereur tenait du plus naturel qui fût. »

Enarlis la tira par le bras et l'amena devant Altaïr, malgré les protestations de Noris. Elle se baissa, se sentant un peu bête.

« Euh, bonjour...votre majesté... »

L'empereur haussa un sourcil. Le garde du corps n'avait quant à lui pas l'air surpris, son visage sombre demeurant immuable. Noris se releva. Altaïr la fixait de ses beaux yeux rouges sombres, son divin visage encadré par des cheveux de la même couleur. Il attendait visiblement une explication. Ce fut Enarlis qui prit la parole.

« Cette jeune fille veut te parler mon oncle.
-Ha euh oui c'est vrai, se souvint Noris l'air un peu godiche, d'un ton pas des plus adaptés pour s'adresser à celui qu'elle avait en face d'elle.
-Depuis quand fais-tu rentrer des gens dans le palais sans autorisation ? coupa sèchement l'empereur à l'attention de son filleul. »

La jeune fille n'osa rien dire, l'air intimidé. Enarlis baissa les yeux, et s'excusa, il n'avait pensé qu'à faire plaisir à sa nouvelle amie, sans songer à la réaction de son parrain... et au fait qu'il violait ainsi certaines règles du protocole.

« Et bien, euh... elle m'a rendu service...
-J'en toucherai deux mots à ton père, jeune homme. »

Voyant la tête que tirait l'empereur, Enarlis n'osa pas continuer. Noris le défendit, sa culpabilité l'emportant sur sa timidité.

« Ce n'est pas sa faute...
-Que puis-je pour toi, jeune fille ? demanda alors Altaïr, heureusement pas dans son mauvais jour.
-Et bien...Je voulais vous proposer quelque chose, répondit Noris après s'être ressaisie.
-Plaît-il ?
-Et bien, je voulais que vous m'aidiez...à libérer quelqu'un des glaces éternelles... »

Un instant, le visage de Noris se voila. Elle avait l'air triste. Visiblement la personne dont elle parlait lui tenait à c½ur. Mais l'empereur restait de marbre, s'il devait s'apitoyer sur le sort du premier étranger venu lui demander de l'aide, il n'en aurait jamais fini.

« Et pourquoi le ferais-je ?
-Et bien... vous êtes le seul assez puissant pour contrer le sort... Et puis vous me devez bien ça ! osa t-elle.
-Vraiment ?
-Vous avez tué ma mère... avança Noris, avec un culot incroyable. Alors m'aider est la moindre des choses. »

Altaïr baissa les yeux et regarda la jeune fille. Il avait l'air de réfléchir. Elle lui rappelait quelqu'un.

« Ne serais-tu pas la fille de...
-Mynêow Khi Senwa.
-Mynêow Khi....je regrette, je ne me souviens pas. »

Noris soupira, un peu déçue, elle s'était imaginée que leur combat avait été grandiose, mais ce n'était apparemment pas le cas. Mais ce n'était pas le sort qu'il avait réservé à sa mère qui lui importait alors, non. Evidemment, Altaïr s'en souvenait bien, de Mynêow Khi, il n'avait simplement plus envie d'être mêlé à quelconque histoire concernant le monde duquel était originaire la jeune fille.

« Bon, et bien tant pis. Pourtant, c'est bien vous qui avez terrorisé toute la cité de Khell...
-Je me suis un peu mis en colère, avoua Altaïr.
-Un peu...Mais eh, je pensais que ça ne vous disait rien ?
-Le gros serpent et la porte je m'en souviens, le môme qui aurait pu nous sauver la mise aussi. »

Noris fronça les sourcils. L'empereur faisait référence à Damrézor, la tour maudite... Damrézor était un royaume qui composait l'empire Altoriantal, et y avait été construite la tour d'une sorcière puissante qui avait fini par se proclamer de statut divin. A l'intérieur vivait un serpent géant, qui tenait plus du dragon que d'autre chose, et qui conférait à sa maîtresse des pouvoirs infinis. Qui dominait qui, là était la grande question. Cependant, si cette sorcière était l'objet de sa visite, Altaïr se trompait d'épisode. Il n'avait à vrai dire pas une grande mémoire en ce qui concernait les noms étrangers.
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# Posté le lundi 10 octobre 2005 15:53
Modifié le jeudi 10 novembre 2005 06:53

PREMIER CHAPITRE - part IV

« Un gros serpent ? Je ne parlais pas de cette cité là, dit la novice.
-Il faut croire que j'en ai terrorisés beaucoup, lâcha Altaïr pour qui Khell et Damrézor tenaient du pareil au même.
-En fait je vais être précise, tenta de le convaincre Noris.
-Oui, mon temps est précieux.
-J'aurais aimé que vous m'aidiez à libérer des glaces éternelles la maîtresse élémentaire des vents et des airs, car elle détient un secret que j'aimerais connaître, et à mon avis vous aussi, histoire de me venger de celle qui est la responsable de tout ça.
-J'ai tiré un trait sur Shadow et ses gamineries depuis longtemps, jeune fille, répondit sèchement Altaïr. »

Shadow... Il s'agissait là d'une bien longue histoire. La fameuse sorcière de Damrézor. En rivalité avec sa s½ur jumelle depuis sa plus tendre enfance, elles avaient toutes les deux pendant presque un siècle mis au point un moyen de s'affronter sans enfreindre les lois divines. Car tout comme sa s½ur, Mynêow Khi avait revendiqué le statut de déesse, et ce statut leur interdisait de se combattre directement entre elles. Si elles en avaient tellement envie, elles devaient donc le faire indirectement...Au moyen de champions. C'était Shadow qui avait déclaré la guerre à sa s½ur, et celle-ci avait fait appel à une femme aux grands pouvoirs élémentaires, la Windgardiaw, qui était jusqu'alors chargée de l'éducation de sa fille. Or dans le monde tel qu'il était, nul n'avait de pouvoir plus grand que celle-ci. Si Shadow voulait un champion capable de la vaincre, il lui fallait le créer de toute pièce.

Mynêow Khi régnait sur une cité du nom de Khell, la cité des horreurs. L'esclavage y était dûment pratiqué, des sacrifices avaient lieu presque tous les jours, et la ville était régie par un conseil d'alchimistes pratiquant sur les malheureux habitants les plus affreuses expériences. Un jour, l'un d'entre eux, qui portait alors le nom d'Halzephrah, réussit à créer de la vie de manière artificielle. L'être créé développa par la suite de grands pouvoirs. Intéressée, et au courant de la cupidité des alchimistes, Shadow entra en contact avec cet étrange créateur, et le dérogea à sa s½ur en lui promettant le double de ce que celle-ci lui offrait. Il accepta évidemment. Seulement, Mynêow Khi ne devait se douter de rien, c'est pourquoi Halzephrah fut contraint de travailler en secret, sur son propre territoire. Mais son expérience aboutit finalement sans problème. Huit ans plus tard, alors que la chose crée par l'alchimiste avait à présent tout d'un enfant, Shadow arrangea sa fuite en envoyant un petit groupe de mercenaires la chercher. Mais leur aventure tourna mal et la petite créature arriva par erreur...dans un autre plan.

Shadow mit un bon siècle à la retrouver, et la date du grand combat que s'étaient fixée les deux jumelles ne cessait d'approcher... Comble de malchance, l'expérience, baptisée Kharza par certains, Zinzaraë par d'autres, n'était qu'un projet raté, qui ne remplissait même pas le quart des conditions exigées. Shadow n'avait cependant plus le choix : il lui fallait l'utiliser, elle avait consacré trop de temps à la chercher. Mais dans le plan où elle avait été téléportée, celui des fameux Royaumes Oubliés, Kharza s'était fait plusieurs amis, dont un, alors en voyage planaire là où elle se trouvait, doté de pouvoirs immenses : Altaïr. Celui-ci lorsqu'il apprit le destin de Kharza s'était proposé à Shadow pour lui sauver la mise. Voyant ce champion comme un ultime recours, la proposition fut acceptée. Et le jour du grand combat arriva...

Mais fourbe, Shadow avait au dernier moment réussi à duper son adversaire en lui substituant sa championne par une illusion. Personne ne remarqua rien. Et évidemment, Altaïr vainquit. Cela faisait à présent un an que c'était arrivé, un an que la maîtresse de la jeune novice avait disparu du plan altoriantal, et deux ans en Aldaria qu'Altaïr s'était vu trahir, en raison de la distorsion temporelle qui séparait les deux plans. Tout aurait pu finir à ce moment là. Seulement... il s'avéra que la mère de Noris, Mynêow Khi, n'avait, outre le fait qu'elle régnât sur la cité des horreurs, jamais eu de mauvaises intentions. C'était donc Shadow la grande méchante dans toute cette histoire. Furieux de s'être laissé duper, Altaïr se retourna contre elle, et une guerre sans merci s'installa entre eux. De puissance égale, ils devinrent ennemis, mais surtout, rivaux. Il leur arrivait fréquemment de se battre depuis, chacun adorant semer la zizanie dans les affaires de l'autre, et de leurs affrontements, il ne sortit jamais ni perdant ni vainqueur.

Shadow, passée maîtresse dans l'art de la métamorphose prenait la plupart du temps l'apparence d'une halfeline à la tignasse rousse épaisse et bouclée venant encadrer un affreux petit visage sournois sur lequel luisaient deux horribles petits yeux gris vicieux. Altaïr ne la supportait pas. Elle avait l'air si niais... et depuis un événement survenu il y avait maintenant un an de cela, il ne voulait plus entendre parler d'elle. Ces querelles qu'il jugeait futiles ne l'intéressaient pas.

Mais Noris, qui avait passé un an pour le retrouver, et qui enfin y était parvenue, n'en démordait pas, elle avait besoin de son aide.

« Même si la Windgardiaw nous révélait comment tuer Shadow ? insista t-elle. Il n'y a que deux personnes à part elle et le Grand Serpent qui le savent. Et la Windgardiaw n'a jamais voulu de mal à personne...Elle ne mérite pas son sort... je la connais bien, elle m'a élevée depuis que je suis toute petite...
- Tu sais, Shadow c'est un peu comme les parasites : on a beau faire, il en reste toujours, tu perds ton temps.
-Et si tu lui envoyais quelques invoqueurs ? intervint Enarlis.
-J'ai reçu de mauvaises nouvelles Enarlis, tous les invoqueurs du royaume seront plus utiles ici que je ne sais où. D'ailleurs tu devrais filer ton père doit te chercher, tu dois faire tes valises.
-Mais...protesta le garçon.
-File ! ordonna Altaïr. »

Enarlis ne se le fit pas répéter deux fois, on ne conteste pas un ordre de l'empereur. Il fila sans demander son reste. Noris continua.

« En fait... il ne suffit pas de libérer la Windgardiaw... J'aurais besoin de vous pour tuer Shadow une fois que ma maîtresse nous aura dit comment il faut faire... »

L'empereur reporta son attention sur la jeune fille. Il eut un sourire narquois, elle était décidément bien naïve. Il répondit d'un ton las, et agacé, penser à Shadow l'horripilait.

« Je ne peux pas tuer Shadow, on ne peut pas tuer Shadow.
-Bien sûr que si, et la Windgardiaw le sait. Et puis vous êtes le seul à avoir un avantage sur elle... Vous êtes la seule personne qu'elle n'ait jamais crainte. »

Altaïr eut l'air amusé.

« L'image qu'on a dû te donner de moi est ancienne, je ne suis plus capable de tenir correctement une épée, et mon état de santé est plutôt préoccupant.
-Shadow ne se porte pas beaucoup mieux. Elle est faible, il faut en profiter ! Elle ne peut prendre qu'à moitié possession de son avatar. Elle a fait une erreur...elle ne peut plus se transformer... »

La voix qui répondit alors fit sursauter Noris. C'était une voix féminine langoureuse. La jeune fille n'en fut que plus intimidée. Une ombre ayant la forme d'une femme venait de les rejoindre. Elle avait deux yeux rouges, et son sourire était un croissant de la même couleur.

« Ce serait si bien de pouvoir se défouler un peu... »

L'empereur soupira.

« Tu m'agaces Shad... »

Noris sursauta. Elle ne pouvait pas entendre le nom de Shadow sans avoir un frisson, alors le fait qu'Altaïr appelle quelqu'un d'autre par le même diminutif, cela la faisait...frémir.

« Mon seigneur, cela ne prendra que quelques minutes... Et puis, vous gagneriez votre revanche et qui sait peut-être... »

Elle s'approcha de l'empereur, Noris constata qu'elle flottait dans les airs. Elle lui murmura quelque chose à l'oreille. Noris se dit qu'elle devait commencer à les embêter.

« Bon et bien euh...je ne voulais pas vous déranger...je... je vais m'en aller, il y aura bien quelqu'un pour délivrer la Windgardiaw, et tant pis si je ne peux pas me venger de Shadow...
-Attends, l'arrêta l'empereur. »

Noris recula, intimidée. Il souriait. Elle s'immobilisa.

« Morgan et Sharadeïm nous accompagneront, cela te pose un problème ? »

Noris jeta un coup d'½il aux deux autres. Ils ne la rassuraient vraiment pas. Une ombre et un demi drow, quelle agréable compagnie...

« Non non, aucun problème, répondit Noris qui ne voulait pas risquer de perdre l'accord de l'empereur.
-Bien, alors ne perdons pas de temps, j'ai un siège sur le feu moi...
-Par contre, il faudra être discret...si Shadow nous remarque...les enfants de Damrézor... ils risquent d'en souffrir... »

Sharadeïm sourit et se pencha vers Noris, elle n'était décidément pas très grande pour son âge. Elle lui glissa doucement :

« La discrétion, ça nous connaît ma puce »

Puis elle se changea en corbeau et alla se poser sur l'épaule de Morgan. Noris reconnut le volatile qui l'avait attaquée plus tôt. Elle hocha la tête pour approuver ses paroles, après tout, si ces gens avaient voulu lui faire du mal, ils n'auraient pas attendu. Altaïr voyant la surprise de Noris lui fournit des explications.

« Sharadeïm, ou Shad pour faire plus court, est l'ombre de Morgan. Elle peut parler et prendre consistance.
-Shad...pour moi ça évoque quelqu'un d'autre...rassurant....répondit t-elle d'un ton pas rassuré du tout.
-Je sais, mais si ce que tu dis est vrai, bientôt ce sera du passé. »

Noris hocha la tête. Altaïr poursuivit.

« Morgan et Shad ont développé un style de combat qui n'a pas son pareil. La chimère permet en effet de se jouer des lois de la physique et de la pesanteur. »

Noris regarda Shad. Une chimère...de mieux en mieux... Cela devait sûrement différer, mais dans son monde, une chimère était un monstre mauvais, qui ne pensait qu'à dévorer tous ceux qui se trouvaient sur son passage, et heureusement on n'en trouvait plus sur le continent. L'empereur continua.

« De plus, nous avons vu qu'elle a la faculté de se rendre collante, ce qui m'a sauvé d'un vampire une fois.
-Un vampire... »

Noris frémit. Elle regarda son anneau de téléportation. Elle soupira.

« Bon euh... en fait ce qu'il y a c'est que mon anneau de souhait majeur il marche qu'une fois... alors euh, si l'un de vous pouvait ouvrir un portail... »

Elle avait l'air toute gênée. Mais l'empereur prit les devants et les emmena dans une grande salle. Sur le sol, un pentacle était tracé. C'était la salle du portail. Altaïr l'activa, d'ailleurs, et une sorte de tourbillon d'énergies magiques diverses apparut sous les yeux ébahis de Noris. Elle n'avait jamais réellement vu de portail, elle ne s'imaginait pas cela comme ça.

« Où allons-nous ? s'enquit-il.
-Euh...ah oui, les coordonnées.
-Pressons, je n'ai pas tout mon temps. »

Mais Noris ne les connaissait pas par c½ur, les coordonnées. Elle farfouilla dans une des poches de sa manche gauche, et en ressortit une feuille toute froissée. Elle la tendit à l'empereur.

« Voilà.
-Merci, répondit Altaïr »

Il orienta le portail suivant les coordonnées. Celui-ci prit une teinte mauve, et ils entrèrent. Noris ne le savait pas encore, mais elle venait de déclencher toute une série d'ennuis.
# Posté le lundi 10 octobre 2005 15:55
Modifié le jeudi 10 novembre 2005 06:53