Chapitre Trentième - Part I

Chapitre trentième
Retour au bercail

Kendrakar avait décidé de voyager uniquement par chimère. Cela était plus pénible, mais surtout plus rapide. Pour ce faire, il avait attaché les jambes de son disciple à la créature pour qu'il tînt, et s'était placé devant lui. Il avait également prévu de quoi le couvrir, et lorsque tout fut enfin prêt, ils décollèrent. Woofang s'agrippait à son maître comme il pouvait, terrifié, autant par la chimère que la hauteur. Il ne s'y habituerait donc jamais. Kendrakar le rassurait comme il pouvait, et Inuart, à qui l'intangibilité épargnait le frottement de l'air, voletait autour du grand griffon qu'ils chevauchaient.

« C'est quand qu'on arrive? demanda Woofang.
- Demain en soirée... répondit son maître pour la énième fois. »

L'Aldarian ordonna ensuite quelque chose à la chimère, que l'adolescent ne put comprendre, et d'un battement d'ailes, elle grimpa en altitude.

« Ouvre les yeux Woofang... dit Kendrakar.
- Mais c'est haut! »

L'adolescent obéit quand même, terrifié. Mais le spectacle en valait la peine. Il en oublia même sa peur: ils étaient passés au-dessus des nuages, et le soleil couchant qui s'y reflétait offrait une vision magnifique. Un véritable paradis. Qui n'avait jamais rêvé de voler au milieu de ces nuages roses sur fond de ciel bleu?

« On dirait de la mousse, commenta Woofang en se penchant pour essayer d'attrapper un peu de nuage. »

Malheureusement pour lui, sa main n'attrappa que quelques gouttelettes. Et lorsque le griffon traversa l'un des cumulus, Woofang s'aperçut qui plus était que c'était intangible, humide, et froid. Presque mouillé. Il fut déçu, et ses oreilles commencèrent à le tirailler. Et soudain, il fut frappé d'horreur. S'ils voyageaient au-dessus des nuages et que ceux-ci n'étaient pas palpables, cela voulait dire qu'ils étaient bien loin du sol... Il s'agrippa à son maître comme si sa vie en dépendait, bien que ses mains gelées le fissent souffrir.

« Mais on doit être très haut... balbutia l'adolescent.
- Pas tant que ça, répondit Kendrakar. Plus haut l'air se fait rare, et il ferait trop froid. »

Néanmoins, l'Aldarian fit redescendre progressivement le griffon.

« On est bientôt arrivés? demanda encore une fois Woofang.
- On arrivera plus tôt si on continue de nuit, tu te sens de tenir le coup?
- Wouaouuuuuuuu! S'extasia Inuart. Je n'avais pas quitté Dalgar depuis des lustres!
- Dalgar?
- Le royaume d'Eridal. »

Woofang finit par s'endormir; Kendrakar put le sentir au moment où il commença à relâcher son étreinte. Puis la nuit tomba, il faisait complètement noir dans le ciel, la lune ne perçait pas les nuages, et un silence absolu s'installa, troublé uniquement par les battements d'aile du griffon. Lorsque l'adolescent suite à un cauchemar se réveilla, il garda tout de même les yeux fermés, et finit par se sentir tranquille pour la première fois depuis longtemps. Kendrakar, qui avait bien attaché son disciple pour qu'il ne pût tomber, se demanda s'il supporterait une nouvelle nuit blanche. Inuart se mit alors à chanter. Une chanson douce, rassurante, que tous connaissaient très bien. Cette chanson que Kendrakar fredonnait à son disciple pour le rassurer lorsqu'il était malade, ou bien que tous entonnaient en choeur lors des fêtes. Cette chanson qu'aucun Annavatar n'ignorait.

« J'aime bien cette chanson... murmura Woofang.
- Où as-tu appris ça? interrogea l'Aldarian.
- J'ai oublié, répondit Inuart.
- Quand je l'entends, commença l'adolescent, je me sens en sécurité... Y a des chansons qui font ça des fois... comme celle-là. »

Kendrakar sourit de telle manière qu'on l'entendait presque, et le fantôme reprit son refrain. Le reste du trajet se passa tranquillement si bien qu'au matin, Dar-him fut en vue. Bizarrement, Woofang avait réussi à trouver le sommeil, et ne faisait pas de cauchemar. Ce fut le soleil qui le réveilla. Il se frotta les yeux, se redressa, regarda au loin et demanda:

« On est arrivés?
-Oui. »

Enfin, le griffon toucha terre devant les portes de la ville. Woofang eut le réflexe de vouloir descendre avant de se rappeller qu'il ne le pouvait pas. Shin-ru les attendait là. L'adolescent content de le voir écarta les bras pour l'inviter à venir lui faire un calin. La chimère qui avait adopté la taille d'un gros chat lui sauta dessus pour lui faire une grosse léchouille.

« Woofy! s'écria joyeusement le petit dragon. Je t'ai manqué au moins?
- Et comment! La prochaine fois tu viens avec!
- Kendy ne veut plus que je l'accompagne. Je suis au courant pour tes jambes...
- Tu peux te changer en cheval Shin? Interrogea Kendrakar en détachant les jambes de son disciple.
- Bien sûr, répondit la chimère. »

Shin-ru descendit du griffon pour prendre l'apparence d'un cheval harnaché des plus communs. Ce n'était peut-être pas une bonne idée car Woofang le regarda d'un air terrifié. Néanmoins, il ne pouvait plus s'enfuir, et Kendrakar le mit en selle sans tenir compte de ses protestations. Il remercia ensuite le griffon d'une caresse puis l'envoya se reposer.

« Tu as passé la nuit dehors Shin? interrogea l'Aldarian. »

Le cheval hocha la tête et ils se mirent en route vers la maison. Kendrakar s'alluma une cigarette avant d'entrer en ville, tenant le cheval par la bride.

« Bon sang, que ça fait du bien de rentrer chez soi, se réjouit-il. »

Woofang approuva d'un hochement de tête, lui aussi commençait à avoir le mal du pays. Au lever du soleil, la cité d'or était resplendissante, et dans son genre, n'avait rien à envier à la forteresse de glace. En plus, il faisait chaud. Malgré l'heure matinale, les artisans commençaient déjà leur travail, et les tavernes fermaient leurs portes. Traverser la ville pour atteindre la maison ne posa pas trop de problèmes, et le temps qu'ils mirent pour rentrer permit à l'Aldarian de terminer ce qu'il était en train de fumer.
Ils arrivèrent enfin devant le portail que Sylvain, le domestique, vint leur ouvrir, ravi de les revoir.

« Je vous sers un bon café? demanda t-il.
- Avec plaisir, répondit Kendrakar.
- Non merci, refusa Woofang qui n'aimait pas ça. »

Shin se changea en dragon puis réduisit sa taille à celle d'un gros chien pour entrer ensuite dans la maison à la suite de son maître, l'adolescent sur le dos. Sylvain haussa un sourcil à leur intention, mais prit ceci pour un jeu. Woofang s'amusait d'ailleurs à chatouiller la chimère, qui pour se venger le déposa sans ménagement sur un banc de la cuisine. L'adolescent eut du mal à se ratrapper, ne disposant plus que d'un seul bras valide.

« Enfin rentrés! s'écria soudain Arlendil qui fit son entrée en chemise de nuit pour se jeter sur son mari.
- Bonjour dame Arlendil, la salua poliment Woofang tout en caressant Shin-ru qui lui avait manqué plus qu'il n'avait voulu l'admettre.
- Bonjour Woofang, répondit l'elfe après avoir longuement embrassé Kendrakar. Mais qu'est-ce que tu t'es fait au bras?
- Je suis tombé de cheval...
- Il est aussi atteint de paraplégie, ajouta l'Aldarian.
- Ho non...fit sa femme qui semblait être la seule à comprendre ce mot. Mais comment tu t'es débrouillé? Tu m'as vais promis que tu t'en occuperais! Dans quels ennuis tu t'es encore fourré? »

Il était extraordinaire de voir avec quelle facilité Kendrakar perdait ses moyens devant sa femme; il se contenta de lever les mains en encaissant les piques. Woofang chercha Inuart du regard mais celui-ci avait disparu. Il soupira et, la tête basse, excusa son maître:

« C'est pas sa faute... maître Kendrakar, où est passé Inuart? changea t-il ensuite de sujet.
- Très bonne question.
- Je suis là. »

Inuart, sous sa forme humaine, apparut, et tout laissait à penser qu'il était là depuis le début. Arlendil et Shin-ru poussèrent un cri de surprise et à leur tête, l'adolescent se dit qu'il valait mieux ne pas rester trop longtemps dans les parages. Un regard foudroyant de l'elfe pour son mari le décida. Kendrakar était déjà en train de louvoyer:

« Je t'en prie, laisse-moi t'expliquer...
- Bon euh...fit Woofang. Shin-ru, tu me prends sur ton dos? Je vais montrer la maison à Inuart...
- Bonne idée, répondit la chimère.
- Bande de lâcheurs... marmonna l'Aldarian en les regardant partir. »

Les trois compères sortirent de la pièce, et une fois dehors le fantôme interrogea:

« Ils s'engueulent souvent?
- C'est rien de méchant, répondit Woofang. Enfin je pense pas...je m'en mêle pas.
- Meuh non, intervint Shin-ru. Ils s'engueulent pas là, et après ça leur fait une excuse pour se réconcilier sur l'oreiller. Au fait, d'où tu sors toi?
- Moi? Je suis un fantôme de l'antiquité...en gros.
- C'est un ancêtre de maître Kendrakar. C'est une longue histoire...
- Tu commences à prendre ses tics Woof, ça va plus aller! critiqua Shin-ru. »

Woofang fit mine de ne pas comprendre, et le dragon poursuivit à l'intention du fantôme:

« Moi c'est Shin-tu, chimère de son état, nounou, chien de garde, chien de maison, prêteur sur gage et gladiateur sur demande?
- Prêteur sur gage?
- Ahem... et sinon, t'es de quel côté de la famille de Kendy?
- Kendy?
- Kendrakar.
- haaa! Aucune idée...
- Aevatas, répondit Woofang qui avait bien retenu sa leçon.
- Aevatas s'est déformé en Annavatar au fil des siècles... se rappela Shin-ru.
- Je hantais Galbadia moi, je ne pouvais pas savoir! se défendit Inuart. »

Ils croisèrent Enarlis qui manqua d'avoir une attaque à la vue du fantôme. Il ne regarda pas où il marchait si bien qu'il trébucha et s'étala de tout son long sur le sol en jurant.

« Toi aussi tu m'as manqué... railla Woofang.
- C'est un fantôme de la famille, expliqua Shin-ru. »

Enarlis resta par terre, la bouche ouverte. Il avait du mal à y croire, bien qu'après s'être retrouvé au milieu d'une horde de démons enragés, plus rien ne lui semblait impossible. Et puis son regard se posa sur son ami, et il lui demanda:

« Mais qu'...qu'est-ce qu'il t'est arrivé Woofang?
- Je suis tombé de cheval, soupira le garçon.
- Pourquoi tu montes Shin-ru?
- Je peux plus utiliser mes jambes...Mais c'est pas grave, ça fait même pas mal. Je vais juste devoir m'y habituer. »

Woofang sourit au jeune demi-elfe d'un air qui se voulait rassurant. Enarlis ne savait trop que lui répondre, légèrement choqué par cette déclaration. Il se redressa en jetant un regard de travers au fantôme, puis changea de sujet de conversation en demandant:

« Où est mon père?
- Avec ta mère, répondit son ami échangeant avec Inuart un regard entendu. Dans la cuisine. »

Enarlis passa son chemin, l'air tout sauf rassuré, et une fois qu'il se fût éloigné, Shin-ru commenta:

« Il a changé depuis votre retour de cette épreuve...
- Tu m'étonnes, lâcha Woofang. Moi la nuit je dors plus... lui ça doit être pire. Encore moi j'avais quelques « notions » de ça, il y avait quelques démons en Damrézor... mais lui... »
Le jeune adolescent fut interrompu par une créature de rêve qui venait de sortir de l'une des chambres. Il s'agissait d'une magnifique jeune femme d'une vingtaine d'années à la chevelure aux couleurs des flammes, aux oreilles joliment pointues, vêtue d'une simple chemise de nuit. Apercevant Woofang elle s'exclama, sans même remarquer le fantôme:

« Hoo! Tiens, vous êtes enfin rentrés! Papa est là?
- Dans la cuisine, répondit l'adolescent gêné par l'attitude d'Inuart presque en train de baver. »

Le fantôme la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle eût complètement disparu derrière la porte suivante.

« Il ne m'avait pas dit qu'il avait une fille! constata t-il.
- C'est la fille que sa femme a eu d'un premier mariage, expliqua Shin-ru. Kendrakar a deux fils et une fille. Aria est mariée, et mère d'un enfant. Il paraît que le soir de sa nuit de noce, elle a offert une dague à son mari, et lui a dit « tu m'auras si tu m'attrapes ». Et il a dû l'attraper et lui découper la robe, une vraie tigresse!
- Shin! s'offusqua Woofang.
- Demande à William si tu ne me crois pas!
- Ca ne me regarde pas. Ils font ce qu'ils veulent.
- Quelle famille, commenta Inuart. Et toi, tu fais quoi dans tout ça?
- Je joue à la balle avec Woofang, répondit la chimère.
- Tiens, vous devriez faire un duel une fois, proposa l'adolescent. Inuart sous forme de chimère, et moi j'arbitre, pour voir.
- Chimère? Kendrakar ne voudra jamais, répondit Shin-ru. On partage nos douleurs.
- On ne lui demande pas son avis, contesta le fantôme enchanté par cette perspective.
- Non, Inuart, si maître Kendrakar partage les douleurs de Shin-ru, je veux pas, se rétracta Woofang. Mais vous pouvez toujours faire la course. Ho, j'ai une idée! Celui qui me rapporte le plus de choppes de puis la taverne la plus proche gagne!
- D'accord, mais trois pas plus, répondit le dragon pas vraiment convaincu.
- Trois chacun, ça marche! S'enthousiasma Woofang. Et celui qui m'en rapporte le plus gagne, ajouta t-il tout de même. »

Shin-ru déposa l'adolescent sur son lit, qui leur donna le départ. La chimère partit au quart de tour pour devancer le fantôme qui passa au travers du plancher pour rattrapper son retard. Woofang se retrouva à les attendre seul dans sa chambre, entendant des voix provenant de l'extérieur sans même pouvoir aller les espionner. Il reconnut celles de son maître et d'Arlendil, puis plus rien. Sans doute s'embrassaient-ils. Pour le garçon ainsi que pour beaucoup d'autres, une grande partie de l'empire reposait sur la solidité du couple Annavatar.
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# Gepost op zaterdag 10 februari 2007, 21u00

Chapitre Trentième - Part II

Une vingtaine de minutes passa, et les deux comparses revinrent. Inuart avait à l'aller acquis une certaine avance, mais il l'avait perdue en essayant au retour de passer au travers des murs: en effet, si lui-même était éthéré, les choppes, en revanche, ne l'étaient pas.

Fantôme et chimère arrivèrent donc en même temps devant Woofang qui les accueillit avec une moue: les choppes en question étaient vides.

« Ca ne compte pas, maugréa t-il.
- Tu n'as jamais dit qu'elles devaient être remplies, se défendit Shin-ru. Tu as dit six choppes, c'est six choppes.
- Alors retournez les remplir, avec quelque chose de fort, c'est la deuxième épreuve, et ramenez-les moi à boire.
- Non, refusa la chimère en s'asseyant, bientôt imitée par Inuart.
- Vous n'êtes pas drôles! La seule chose qui pourrait encore m'apporter un peu de gaieté dans ce bas monde, vous me la refusez, se plaignit l'adolescent. Bon, tant pis, j'ai une autre idée... tu peux juste me donner une des choppes vides s'il te plaît? »

Inuart consentit à lui tendre l'un des récipients qui se trouvaient sur le sol. Woofang se redressa en s'aidant de son bras encore valide, et l'attrapa. Le garçon fixa la choppe, et se l'imagina pleine. Il se concentra, jusqu'à en avoir mal au crâne. Si les pouvoirs de la volonté étaient tels que le disait Kendrakar, cela ne pouvait que fonctionner. Ce qui fut le cas.

Lorsqu'il se fut remis de sa surprise devant la réussite du garçon, Shin-ru lui sauta dessus pour lui ôter sa boisson des mains, puis descendit du lit avec un air de victoire. Woofang se tourna alors d'un air suppliant vers Inuart, mais le fantôme partageait l'avis de la chimère, et fit disparaître les choppes, à l'étonnement général.

« Tu es mage? interrogea Shin-ru.
- De si peu, répondit humblement le fantôme. »

L'adolescent boudeur se laissa retomber en arrière sur le lit, un peu trempé car la chimère en lui volant la choppe lui en avait renversé sur les vêtements.

« Ca, maugréa t-il, c'était pas sympa. Dehors.
- Mossieur le prince fait sa crise de zèle, railla Shin-ru. Pff, viens Inuart, je vais te présenter le reste de la famille. »

Woofang attendit patiemment que ses deux amis s'en allâssent, puis se redressa à nouveau. Il avait eu une autre idée. Inuart avait réussi à faire disparaître les choppes. Les faire apparaître ne devait pas être beaucoup plus compliqué. Il s'essaya donc à cet exercice. Il ferma les yeux, et se concentra. C'était difficile. Il fallait estimer plusieurs caractéristiques à la fois. Sa tentative ne se solda pas par le résultat escompté, mais par quelque chose de plutôt inattendu: à la place de la choppe si durement espérée, était apparu un tonneau de bois rempli de l'alcool préféré du garçon. Ce dernier se tortilla comme il le put pour s'avancer au bord de son lit, et se mit à boire en plongeant la tête dedans.

Son bonheur fut de courte durée, car il sentit quelqu'un l'attraper par le col. Kendrakar lui sortit la tête du tonneau, en l'étranglant au passage, et le reposa sur son lit. Woofang peina pour ouvrir les yeux et le regarder, car ceux-ci le brûlaient à cause de l'alcool. Il baissa sa tête devenue écarlate, conséquence de la honte qui l'avait envahi.

« Pas alcoolique hein? fit Kendrakar. Fais attention, ça blanchit les cheveux. »

L'Aldarian fit disparaître le tonneau sans même avoir besoin de bouger le petit doigt, et devant le silence de son disciple qui n'osait dire qu'il était désolé, poursuivit:

« Ecoute, je dois aller au palais, Shadow va très mal, je peuxte laisser une journée sans que tu ne fasses de bêtises?
- Oui, maître Kendrakar.
- Tu me le promets?
- Je vais essayer. Mais Shadow ne le mérite pas.
-Tout de même, je ne vais pas la laisser mourir la bouche ouverte sans rien faire. Mais je te préviens que si j'apprends que tu as encore fait des tiennes... »

Woofang baissa les yeux. Kendrakar n'avait pas achevé sa phrase, mais le ton était clair: le garçon avait intérêt à se tenir tranquille.

« Je ferai rien... je vais dormir, comme ça, il risque rien d'arriver... soupira ce dernier.
- En cas de besoin, Shin est là, l'informa ce dernier. Et j'ai prévenu Sylvain pour ton handicap. »

Woofang hocha la tête, et l'Aldarian s'en alla après un affectueux ébouriffage de cheveux. Depuis qu'il avait vu sa femme, il semblait rechargé, prêt à repartir au quart de tour. Leur embrassade de tout à l'heure lui avait fait le plus grand bien.

Du temps avait passé, mais Shadow était toujours attachée à son lit. Kendrakar entra dans sa chambre avec un air nonchalant travaillé particulièrement insupportable. La jeune femme avait un ventre anormalement proéminent; les sorts dont Seregorn avait fait usage semblaient avoir accéléré la grossesse. Lorsque l'Aldarian arriva, il put d'ailleurs constater que les crises de Shadow lui étaient beaucoup plus douloureuses.

« Et merde, t'es de retour, maugréa la jeune femme en le voyant s'approcher.
- En effet. Tu devrais te réjouir je suis là pour te détacher. Avant, j'aurais quelques questions à te poser, annonça Kendrakar.
- Dans tes rêves.
- Ca concerne Woofang.
- Rien à faire.
- Tu connais ses parents, je crois?
- Je ne m'en souviens plus, il y en avait des tas, des gosses qui arrivaient. Je ne vais pas en plus me rappeler la tête de leurs parents. »

Kendrakar posa une main sur le ventre de la jeune femme, où il put sentir des bosses qui n'auraient jamais dû se trouver là, ainsi que quelques mouvements de la part de la chose qui se trouvait dans l'utérus.

« Un ami à moi a vu des choses étranges dans sa tête, raconta alors l'Aldarian.
- Depuis quand il a une tête celui-là...
- Depuis qu'il te voit lui dire « Tiens, voilà ton nouveau petit frère » avant que tu ne te fasses bouffer de l'intérieur. Avoue que c'est troublant.
- C'est un cauchemar, c'est normal qu'il voie ça.
- Nos cauchemars reprennent des faits, et ils retracent souvent la vérité nue, car il faut bien avouer que dans ton cas c'est cauchemardesque.
- Alors ça ne devait pas être moi.
- Tu es à combien de mois? Au faut, Woofang a manifesté des dons pour la magie. Et pas des moindres.
- Tant mieux pour lui, qu'est-ce que tu veux que ça me fasse.
- Et bien, répondit Kendrakar en défaisant les liens qui retenaient les jambes de la jeune femme, si l'envie lui prend il pourrait facilement te mettre deux claques.
- Qu'il essaie.
- Tu ne changeras jamais...
- Je suis très bien comme ça.
- Plus pour longtemps, répondit Kendrakar en s'attaquant aux liens qui retenaient les poignets de la jeune femme.
- Et bien alors, vous n'avez qu'à m'achever tout de suite, rétorqua Shadow en s'asseyant.
- J'ai eu une autre idée, qui pourrait te sauver toi et nous débarrasser de Loïc.
- J'ai pas besoin de tes idées, maugréa la jeune femme en croisant les bras.
- Ca ne t'intéresse pas?
- Dis toujours. »

Kendrakar se retint de sourire de victoire devant la curiosité de son interlocutrice. Il conserva tout de même son sérieux, et lui exposa son idée:

« C'est simple. Il s'agit de laisser la nature reprendre ses droits, en te donnant quelque chose qui va déclencher l'accouchement. Il faut le faire avant que ce truc ne devienne trop gros, et comme il est prématuré, si on a un peu de chance, il crèvera tout seul.
- Il a déjà des griffes, et je te l'ai dit, j'en ai déjà sacrifié un, pas deux.
- Ca ne veut pas dire qu'il va s'accrocher, et le cas échéant on lui fera lâcher prise. Shadow, cette chose est une maladie, pas un enfant. Tu es malade, pas enceinte.
- C'est pareil, et ce truc est déjà assez gros pour me déchirer de toutes façons.
- Raison de plus pour agir vite.
- Vous êtes tous si têtus!
- Tu t'es vue?
- C'est MA vie, MA chose, dans MON ventre.
- C'est aussi TON Altaïr qui aimerait te garder envie, ainsi que TA nièce!
- Tu parles, elle a peur de moi.
- Parce que tu t'attaches à un monstre, il y a de quoi. Bien, on peut également procéder par césarienne, mais cette technique reste tout de même très dangereuse, elle n'est pas au point. Je te laise réfléchir à ça.
- Comme si j'avais le choix...marmonna Shadow avec une moue.
- On peut aussi pratiquer ce jour, l'informa Kendrakar après un sourire. N'oublie pas que le temps joue contre nous.
- Mais...et puis zut, comme si j'avais le choix. »

L'Aldarian avait gagné. La jeune femme laissait la décision lui revenir, las, et ne voulant reconnaître son tort, elle mettait tout ceci sur le compte de la fatalité. C'était là une excuse dont elle se servait souvent, mais qui ne trompait en aucun cas Kendrakar. Ce dernier avait parfaitement compris que c'était juste un prétexte pour ne pas devoir reconnaître que ce n'était pas elle qui avait raison. Au moins, à présent, il avait carte blanche.

« Je reviendra te chercher quand tout sera près, et rassure-toi, tu ne sentiras rien, annonça t-il. »

L'Aldarian se retira ensuite, la laissant seule. Lui qui venait de rentrer, il sentait déjà qu'il allait encore passer une nuit à se sentir mal.

Shadow en avait quant à elle assez de rester allongée, et n'avait qu'une envie, aller se dégourdir les jambes. Elle se leva donc comme elle put, de manière bien laborieuse, et après être restée debout, immobile, l'instant de quelques secondes pour voir si elle le pouvait encore, elle se dirigea vers le couloir. Son ventre la faisait atrocement souffrir, mais elle préférait continuer d'avancer. Elle se sentait vivante. C'était peut-être la dernière fois, se disait-elle, et elle tenait à en profiter. A présent, la perspective de la mort en cas d'échec était entrée dans son esprit, et l'inquiétait, elle, la grande Shadow, qui avait nombre de fois prétendu compter parmi les Immortels.

Malheureusement pour elle, la garde, dont Morgan faisait partie, avait reçu des ordres, et s'affaira à gentiment reconduire la jeune femme à sa chambre. Elle tenta bien de protester, mais le demi-drow était intraitable. Elle usa alors de la force, mais se retrouva bien vite barricadée à l'intérieur de la pièce qu'elle avait essayé de fuir.

Enfin arriva le moment de l'opération. Ce furent Kendrakar, sa femme, et une prêtresse du nom de Cassandra qui procédèrent à l'opération. La première étape était d'anesthésier la jeune femme, qui bienentendu trouva une fois encore à redire:

« Mais... est si je ne me réveille pas?
- Mais bien sûr que tu te réveilleras, lui répondit l'Aldarian.
- En Damrézor ils ne se réveillaient pas tous..
- Tu n'as pas le choix de toutes façons. »
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# Gepost op zaterdag 10 februari 2007, 21u02

Chapitre Trentième - Part III

Avant même que Shadow n'eut le temps de protester davantage, Kendrakar lui administra la drogue qu'il avait prévue, se disant que c'était bien la première opération à laquelle il participait armé. La jeune femme ne tarda pas à sombrer dans l'inconscience. Arlendil et Cassandra passèrent alors à l'acte, l'Aldarian s'occupant essentiellement de surveiller toute activité magique. Les deux femmes incisèrent. Il n'y eut pas besoin de faire plus.
La chose qui se trouvait dans le ventre de la jeune femme sortit d'elle-même, déployant une fois à l'exterieur deux moignons sur lesquels les ailes n'avaient pas fini de se développer, et se secoua répandant ainsi du sang sur le sol, les draps et les murs adjacents. La créature était déjà bien formée pour un foetus, ressemblant grandement à un dragon. Kendrakar intervint immédiatement pour clouer le monstre au sol avec ce qui s'assimilait à un fouet. Les deux femmes s'affairaient pendant ce temps à soigner Shadow qui n'en était pas sortie indemne; sa vie était désormais entre leurs mains.

La créature poussa un cri suraigu lorsque l'Aldarian posa son pied dessus. Un cri effroyable, qui n'avait rien d'humain. Kendrakar lui enfonça alors son bâton dans les chairs. Mais le monstre de dématérialisa, fonça vers un mur au travers duquel il passa. L'Aldarian priva la zone de magie et se précipita dans la pièce à côté, son antisort s'étendant bien au-delà.

Le monstre avait néanmoins changé d'apparence, et désormais sous la forme de Loïc, s'était mis à courir, pour s'enfuir. Il avait pu assez se développer pour faire usage de métamorphose. Il savait déjà se mouvoir. Ce n'était pas un simple foetus. Tout avait été planifié depuis le début.

« MORGAN! hurla Kendrakar étendant davantage sa zone de non-magie. Choppe-le! »
Le demi-drow attendait sa proie, caché sur son trajet. Sharadeïm attrappa Loïc en se transformant en serpent. Immobilisé, le démon éclata d'un rire sadique après quoi il se moqua d'eux:
« Vous êtes des petits malins...
- Tu pensais t'en tirer comme ça? demanda Kendrakar d'un ton mauvais, emprunt de la plus profonde haine imaginable.
- Ho non, on vient juste de comencer. »

L'Aldarian ne l'entendait aps de cette oreille. Il enferma Loïc dans une zone de magie morte qu'il matérialisa, privant ainsi son ennemi du moindre filin de magie possible, pour l'empêcher de fuir. Loïc eut un sourire mauvais.

« Tu défies l'autorité des créateurs depuis trop longtemps, le menaça Kendrakar."

L'Aldarian incanta, et posa son bâton juste devant la prison du démon. Tout devint blanc, et les deux ennemis se retrouvèrent au milieu de rien, seule une légère fumée blanchâtre à même le sol faisait office de décor. Ni ciel, ni ombres, absolument rien.

« Les créateurs appartiennent au passé, répondit Loïc que cette situation ne semblait pas inquiéter le moins du monde. Ils ne sont plus dignes d'être considérés comme tels.
- Ce n'est pas à nous qu'il appartient de juger, répliqua Kendrakar profitant du dialogue pour reprendre son souffle appuyé sur ses genoux.
- Et à qui, à eux? lança le démon sur un ton des plus arrogants.
- Non, à leurs premières créatures. »

Autour d'eux, tout s'assombrit, et il ne subsista qu'une étrange luminosité semblable à la lumière de la lune, à ceci près que de lune il n'y avait pas. Kendrakar n'était pas à son aise dans un univers sans dimension, mais Loïc ne remarqua rien, poursuivant ses répliques:

« Vraiment? Elles ne sont plus de ce monde.
- Si j'étais toi je ne dirais pas ça... quelle arrogance...répliqua l'Aldarian dont la voix, éthérée, était soudain devenue très grave.
- Elles sont dépassées.
- Dépassées par leurs ennemis.
- Cela fait longtemps que j'ai radié les dernières créatures de Theï. C'était si facile, elles étaient si faibles...
- Et tu prends leur place pour régir les mortels? T'accaparant leurs pouvoirs?
- Je régis tout le monde. Je ne prends la place de personne, seule qui m'est destinée légitimement, et qui leur est bien supérieure.
- Cette fois tu es allé trop loin, déclara Kendrakar sans même prendre la peine d'ouvrir la bouche, et l'air de ne pas en mener très large.
- Vraiment? Parce que c'est toi qui fixes les limites?
- Ta liberté s'arrête là où commence celle des autres.
- Ma liberté commence là où s'arrête la vôtre. »

Les deux hommes purent ressentir l'approche d'un énorme « noeud » dans la toile, malgré que Loïc eût été privé de magie. Il aperçut une masse se distinguer du néant, une tête de dragon, puis une robe de mage impressionnante. Des yeux turquoises, des mains griffues, des écailles rouge vif, la créature qui venait d'apparaître devant eux tenait un sceptre frappé de son emblème. Kendrakar avait immédiatement posé un genou à terre et courbé l'échine, mais Loïc se contenta d'un sourire en biais.

« Mais à qui donc ai-je l-honneur? lança t-il d'un ton insolent.
- A la première créature des créateurs, répondit Daermon. »

Le Dieu s'assit dans un trôn sorti de nulle part, amusé par cette curieuse scène. Loïc eut un sourire mauvais, se montrant des plus irrespectueux. Daermon se tourna alors vers Kendrakar et s'adressa à lui:

« Une fois de plus tu ne me déçois pas, Fils d'Aevatas. Ta malcie est digne des légendes. »

L'Aldarian releva la tête. Dans sa main libre, Daermon fit apparaître une lumière qu'il fit ensuite flotter jusqu'à Kendrakar, avec un mouvement de tête. Ce dernier serra la sphère d'énergie contre lui en s'inclinant encore.

« Va, lui ordonna ensuite le Dieu. Va et réécris les tablettes de son destin.
- Vous n'êtes pas un peu vieux pour oser apparaître devant moi? osa Loïc. Eh papy, va jouer avec mémé. »

L'image de Kendrakar commença à s'estomper pour finalement disparaître. Daermon eut un sourire qui laissa apparaître des dents acérées.

« Tu as un corps et un esprit, s'amusa le Dieu. Tu ne pourras jamais fusionner suffisamment à la toile pour prétendre nous supplanter.
- Sans blague, tu veux parier? »

Daermon arracha alors les souvenirs du passé de Loïc pour les projeter autour d'eux. Il apprit ainsi la façon dont le démon était venu au monde. Il était mi démon, mi humain. Et descendant direct de Vencezka, le dieu du Chaos Absolu, seigneur des enfers d'Altorie. Cela fit remonter un peu le monstre dans l'estime du Dieu. Qui décida de s'amuser un peu d'abord.

Lorsque Shadow revint à elle, hors de danger, il ne lui restait comme seule douleur que le picotement des points de suture. Elle put constater qu'il y avait de l'activité autour d'elle. Kendrakar, plié en deux, était en train de vomir son dernier repas, soutenu par sa femme. Ce fut Cassandra qui remarqua le réveil de Shadow, et s'empressa de l'annoncer aux autres:

« Elle a repris connaissance!
- Je me sens vide... tellement vide...murmura la jeune femme alitée. Comme si j'étais morte...
- Au contraire, la rassura Cassandra. Loïc est mort cette fois, pour de bon. »

Kendrakar, trop mal pour s'en réjouir, fut raccompagné à domicile par Arlendil.

« Mort...murmura Shadow l'esprit encore un peu ailleurs. Le bébé...mort... »

Altaïr vint voir la jeune femme à la tombée de la nuit, après s'être assuré qu'ils seraient seuls tous les deux. Shadow contente de le voir le regarda néanmoins entrer sans expression sur le visage. L'empereur laissa sa veste et sa couronne sur une chaise, puis vint s'asseoir sur le lit.

« Comment tu te sens? demanda t-il.
-Vide...
- Je comprends, mais c'était toi où lui.
- Là, c'est les deux... mais c'est pas grave.
- Tu commences à m'en faire douter, répondit Altaïr en embrassant sa maîtresse sur le front, lui arrachant un faible sourire. »

L'empereur se demandait de plus en plus s'il n'eût pas mieux fait de la laisser mourir, mais se contenta d'ajouter:

« Cette histoire est définitivement enterrée.
- Qu'est-ce qui est arrivé à Loïc?
- Il est entre les mains de Daermon, je pense qu'il est mort.
- Ca changera quoi? Même si j'effaçais la mémoire de Meku...elle en garderait quand-même des traces.
- Il ne recommencera pas, répondit l'empereur en remettant les cheveux de la jeune femme en place.
- Lui non...soupira tristement Shadow. Mais ce qu'il a fait, ça restera...
- Pour les enfants, seul l'amour qu'on leur porte les guérira.
- Je peux effacer tout ça de la mémoire de Meku, mais Meku ne sera jamais à l'aise ailleurs qu'en Damrézor, c'est trop différent ici... et je ne peux pas reconstruire Altorie.
- Quand tu iras mieux, vous pourrez partir, reconstruire quelque chose ailleurs... je pense que c'est le mieux à faire.
- Partir?
- Tu ne veux pas me faire croire que ça te plaît de vivre ainsi dans mon ombre? Je ne pourrai jamais t'offrir ce dont tu rêves et j'ai eu tort de t'y faire croire.
- Je t'aime et ça me suffit pour être heureuse, je ne crois en rien.
- Non, tu n'es pas heureuse ici.
- Bien sûr que si! Tu peux pas savoir comment je m'ennuyais avant de te connaître!
- Au moins tu étais tranquille, tu régnais sur ton monde, et tout aurait dû rester comme ça.
- Je régnais sur une tour pleine d'esclaves, juste une tour...
- Mais ta tour. Je ne peux plus te voir ainsi Shad, je suis marié.
- Mais...
- Va voir ailleurs, tu trouveras quelqu'un pour toi.
- Non! Non, non, et non! »

Altaïr se leva.

« Tu prendras soin de Meku? lui demanda Shadow.
- Emmène-la avec toi.
- Mais Altaïr... Je vais mourir si tu ne m'aimes plus.
- Là n'est pas la question. A quoi me servirait de te dire « je t'aime » quand je vis au bras d'une autre, à part te faire du mal?
- Si tu le penses vraiment, ça m'est égal.
- Ne dis pas ça. Je ne chanerai pas d'avis, et tu n'en mourras pas. Tu vas simplement repartir à zéro.
- Adieu alors, mais je ne survivrai pas. Je n'ai pas envie de tout recommencer, encore, et encore.
- Je n'ai pas le choix, Shad.
- Mais c'est très bien comme ça, non?
- NON! Et n'essaie pas de me faire croire le contraire.
- Mais c'est vrai! T'as qu'à lancer un sort de vérité si tu ne me crois pas! »
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# Gepost op zaterdag 10 februari 2007, 21u04

Chapitre Trentième - Part IV

Les yeux de la jeune femme se remplirent de larmes. Altaïr renfila sa veste et la ferma. Shadow détourna les yeux, et entreprit l'une de ces tirades qui annonçaient qu'elle agirait selon ce qu'elle voyait comme une fatalité.

« Maintenant, si même ici je n'ai plus ma place, alors je ne vois pas pourquoi je reste en vie. Mais si tu ne veux pas de moi, je respecterai ta volonté. Tu n'auras qu'à mettre Meku dans une de ces « familles »...
- Ta place comme tu l'appelles ne t'a rien apporté que des ennuis.
- Tu sais, j'étais heureuse ici. Mais si tu ne me crois pas, je ne peux rien y faire, avoua Shadow d'un ton sincère.
- Tu te contentes d'être la maîtresse de l'empereur?
- C'est déjà un grand honneur. Si tu m'aimes vraiment, je m'en fiche.
- Alors pourquoi as-tu tenté de mettre fin à tes jours?
- Quand ça?
- Devant Seregorn, peu après ton arrivée ici, ou encore en voulant garder ce monstre...
- C'est parce qu'à l'époque, je venais de sacrifier...le petit...et... j'avais l'impression que je ne pourrais jamais m'en remettre et puis... j'avais peur que tu sois fâché à jamais contre moi. J'avais tellement honte de ce que j'avais fait que je ne le supportais pas...et en gardant ce monstre... C'était juste parce que je ne pouvais pas être d'accord avec Kendrakar.
- Tu te rends compte de ce que tu dis? demanda Altaïr en saisissant sa couronne.
- De toutes façons je savais que vous alliez faire quelque chose, que je sois d'accord ou non.
- Et tu as quand même fait tout ce cirque? Ça ne t'est pas venu à l'idée que tu me brisais le coeur? s'énerva l'empereur en remettant sa couronne sur la tête.
- Je suis désolée... je n'y avais pas pensé, et puis, Loïc tentait souvent de prendre contrôle de moi mais il était trop faible...seulement, ça me déroutait quand même pas mal. Il m'empêchait d'accepter.. »

La jeune femme était sincère. Altaïr ne soutint cependant pas son regard et détourna les yeux.

« Qu'est-ce qu'il y a? s'inquiéta Shadow. Tu...tu ne m'aimes plus c'est ça? »

Mais l'empereur ne lui répondit pas et passa la porte.

« Altaïr! »

Shadow était décidée à ne pas en rester là, elle devait savoir. Une crainte sans nom l'habitait à présent, et l'impression qu'on lui déchirait les entrailles n'était cette fois pas due à l'opération. Elle se leva, et lui courut après. Il n'était pas allé bien loin, mais il s'énerva lorsqu'il l'aperçut:

« Qu'est-ce que tu fais ?! Retourne te coucher!
- Qu'est-ce qui ne va pas...
- Retourne t'allonger.
- Je t'en prie... Dis-moi ce qui ne va pas... »

La jeune femme regarda son amant d'un air suppliant, mais celui-ci lui fit repasser la porte.

« Altaïr, mais parle-moi... Comment veux-tu que je sois bien si j'ai l'impression que tu m'aimes plus? Que tu m'en veux? T'oses même plus me regarder...
- Ecoute, consentit l'empereur, si je vois que tu es vraiment bien comme ça, alors on ne changera rien. Je t'en prie rallonge-toi. »

Shadow serra contre elle l'homme qu'elle aimait du plus fort qu'elle le put. Cette fois, Altaïr ne la repoussa pas, prolongeant un peu l'instant. Puis la jeune femme, rassurée, retourna s'allonger.

« J'ai eu tellement peur... confia t-elle.
- Moi aussi, répondit Altaïr.
- Seregorn, il me déteste maintenant, n'est-ce pas?
- Non, il s'est énervé.
- Et bien alors je n'ai plus aucune raison d'être malheureuse.
- J'espère que tu dis vrai.
- Tu sais, il y alongtemps, j'aimais aussi deux personnes en même temps, et, c'est pour ça que maintenant je comprends ce que toi tu peux ressentir. Et je sais que si tu me dis que tu m'aimes c'est que c'est vrai. Et puis, même si ça me fait du mal de te savoir avec une autre quand tu n'es pas avec moi, ça m'en ferait bien plus de te perdre.
- Tu me le jures?
- Bien sûr, sinon je serais déjà partie. »

Ils se sourirent mutuellement, et Shadow ajouta:

« Et puis, en n'étant pas mariée avec toi, j'ai tous les avantages, sans toutes ces responsabilités...
- Vraiment?
- Tu me vois impératrice, sérieusement?
- Non, s'amusa Altaïr en prenant sa maîtresse aux bras. Tu sais, chez moi, la polygamie c'était fréquent, alors moi, j'ai l'habitude. Je ne sais plus combien mon père avait de femmes... trois...ou quatre... j'ai eu peur, je pensais que tu ne m'aimais plus.
- Ce genre de sentiment ne disparaît pas comme ça Shad, pas chez moi.
- Chez moi non plus. Alors tout va bien...
- Remets-toi bien, d'accord?
- Oui. Tu viendras me rendre visite souvent hein, le temps que je me rétablisse?
- Autant que me le permet mon rôle.
- Il faudrait que je me trouve quelque chose à faire entre tes visites. Nourri logé blanchi, c'est bien, mais j'ai une dette envers toi.
- Et une grosse. On parlera d'argent plus tard, d'accord?
- En argent, je ne vois pas comment je pourrais te rembourser... mais si je peux me rendre utile...
- Je verrai. En attendant, je vais t'envoyer Meku et Seregorn.
-Si Meku veut bien me voir... en fait, c'est pour elle que ça va être dur... Il y a plein de choses que vous n'avez pas ici, mais elle s'adaptera. J'aurais peut-être dû l'éduquer d'une autre manière, mais je voulais la laisser dans une vision simple des choses... que le monde lui paraisse amusant, enfin bon, j'effacerai les démons de sa mémoire.
- Tu penses pouvoir manipuler ainsi son esprit?
- Je faisais ça très souvent, même sur moi, une fois; disons, c'est pas vraiment effacer, c'est plutôt « bloquer » ou « mettre en pause ». Mais pas maintenant... »

Shadow se sentait trop fatiguée pour entreprendre quoi que ce fût, cela rassura Altaïr, il n'aurait pas à s'inquiéter d'une idée farfelue. Il hocha la tête pour approuver, puis ajouta pour s'excuser:

« Navré de t'avoir fait peur, je te laisse. »

Altaïr embrassa sur le front sa maîtresse, action qui se termina par un langoureux baiser, et un sourire amoureux de la jeune femme, que son amant lui rendit bien, après quoi il quitta la pièce. L'amour qui les unissait n'était plus un secret pour personne à la cour, mais personne ne disait rien, laissant cette histoire à l'ignorance de l'impératrice qui devait tout de même certainement s'en douter.

Ce matin-là, lorsque Woofang se réveilla, il eut la surprise de constater que ses jambes lui répondaient. Il crut d'abord rêver. Dans la chambre, Inuart faisait semblant de dormir sur un tapis, tandis que Shin-ru faisait de même sur le lit, ce qui donnait un petit air de ménagerie à la pièce. L'adolescent se frotta les yeux, et agita ses jambes pour s'assurer que tout ceci étaient bien vrai.

« Pourquoi tu t'agites? grommela Shin-ru.
- Que.. je rêve encore... Mais si c'est un rêve il est très différent de ceux que j'arrête pas de faire... »

Sous le regard interrogatif des deux chimères qui ne comprenaient pas trop son problème, Woofang repoussa ses couvertures, posa ses jambes au sol, et se mit debout.

« Par tous les dieux et leurs putains! s'exclama Shin-ru.
- Ca alors! fit Inuart.
- C'est pas possible...murmura Woofang.
- Où est Kendy? s'inquiéta soudain le dragon.
- Pas vu, répondit le fantôme.
- Je l'aurais senti s'il avait fait une connerie...
- Pas si ça altère votre lien. Mais il est encore tôt pour aller voir.
- Kendrakar n'est pas du genre à faire la grasse matinée en semaine. »

Shin-ru prit la direction du bureau de l'Aldarian, et Woofang le suivit, bientôt rejoint par Inuart qui avait fini par se décider. La chimère appuya ses deux patte spour ouvrir la porte, mais personne ne se trouvait à l'intérieur de la pièce. Shin-ru se rendit alors dans la chambre de son maître, dont la femme sortit à cet instant précis, n'ayant pas l'air surpris de voir Woofang marcher.

« Bonjour vous trois, qu'est-ce qui vous panique ainsi? s'enquit-elle.
- On cherche maître Kendrakar, répondit l'adolescent.
- Il dort.
- A cette heure? s'etonna Shin-ru.
- Oui, et pour plusieurs jours je crains, le pauvre a une fièvre de cheval.
- Mais que s'est-il passé?
- Il est allé voir Daermon, c'est ça? voulut savoir Woofang. »

Arlendil leur sourit. L'adolescent baissa la tête et regarda ses jambes; s'il n'était pas en train de rêver, que Kendrakar eût demandé à Daermon était la seule solution possible. L'elfe lui répondit:

« Ce n'est pas le terme que j'emploierais, mais en effet, il souffre des séquelles d'un surmenage magique.
- Et il en a pour longtemps? s'enquit Shin-ru.
- Comme la dernière fois... il lui a fallu une semaine environ pour s'en remettre, sans compter sa jambe. »

Sans prévenir, Woofang tourna les talons et se dirigea vers sa chambre, dont il claqua la porte. Une fois à l'intérieur, il hurla un bon coup après avoir tapé du poing dans le mur, puis se jeta sur lui.

« Qu'est-ce qu'il se passe? demanda Inuart surpris d'une telle réaction.
- Toi laisse-moi tranquille! Pourquoi il a fait ça, hein? Je lui avais dit que c'était pas la peine.
- Attends de connaître toute l'histoire avant de juger. »

Shin-ru les rejoignit, fermant la porte de la chambre de sa patte arrière, et, de la taille d'un chat, il sauta sur le lit. Il regarda Woofang d'un drôle d'air avant de constater:

« Tu as vu tes cheveux? Tu as une mèche blanche.
- Hein?? »

L'adolescent sauta de son lit pour se précipiter devant le miroir qui se trouvait sur son armoire. Effectivement, partant du sommet de son crâne, contrastant avec le reste de ses cheveux, d'un noir de jais, une fine mèche blanche s'était dessinée. Il fut rassuré, ce n'était pas aussi affreux qu'il se l'était d'abord imaginé.

« Je trouve ça plutôt élégant, affirma Inuart; ça donne une touche d'exotisme.
- Mais je lui avais dit non... il en a déjà fait assez pour moi, c'était pas la peine...
- Pff, se moqua Shin-ru en s'installant sur l'oreiller de Woofang après avoir tourné sur lui-même. Tu n'écoutes jamais ce qu'on te dit, et bien lui c'est pareil. Il est pas né celui qui lui donnera des ordres...
- Et bien moi je ne veux rien du tout qui vienne de ce...ce... Daermon.
- Je te signale tout de même que Kendrakar te vient de lui, et tout le reste avec, tes copains du temple compris. »

Woofang se posa sur son lit, regardant vers le mur, l'air de bouder. Shin-ru se dressa sur ses pattes arrière pour passer sa tête sur l'épaule de l'adolescent, et lui souffler dans les cheveux:

« J'ai dit une bêtise s'inquiéta t-il.
- C'est pas toi... c'est personne...cherche pas...
- J'aime pas te voir tout triste... »

Pour le consoler, la chimère fit une léchouille à l'adolescent qui la repoussa en s'essuyant la joue. Le petit dragon couina, se conduisant définitivement comme un chiot. Il fit le tour du garçon et se posa sur ses jambes, réclamant des câlins et frottant contre Woofang sa petite tête. L'adolescent consentit à lui faire des caresses, et murmura une fois de plus en soupirant:

« Mais il aurait pas dû... »

Inuart se leva, s'étira en baillant, puis reprit sa forme humaine, et annonça qu'il comptait tirer ceci au clair, ce à quoi Woofang répondit que c'était une fois encore sa faute.

« Nan, le contredit Shin-ru. C'est à cause de cette idiote de daermoor. Il pouvait pas te laisser comme ça; tu étais condamné, sans plus jamais pouvoir te défendre ou faire quoi que ce soit qui te plaît...Tu vas lui faire la tête?
- Bien sûr que non... Ca t'es jamais arrivé d'avoir l'impression d'être un boulet? En ce moment, c'est comme ça que je me sens...
- J'ai souvent l'impression d'être un boulet, mais tu vois depuis le temps que je vis avec Kendy je me suis rendu compte d'une chose: ce type est ce qui se rapproche le plus de la perfection. Il réussit en tout ce à quoi il touche, et d'une façon à laquelle on ne s'attend jamais. Alors forcément, nous pauvres mortels, on n'arrive, d'une part, jamais à faire aussi bien que lui, et d'autre part, quand on essaie de l'aider selon notre logique normale, ça va TOUJOURS à l'encontre de son plan à lui, ce qui fait qu'on l'embête. Et pourtant il arrive toujours à tirer profit de la situation, et alors on se sent vraiment con et inutile.
- Mais regarde dans quel état il est, à cause de moi...
- En même temps il l'a choisi, tu vas voir je suis sûr qu'il a encore tiré profit de cette situation et que son état n'est qu'un petit contrecoup bien insignifiant face aux bénéfices de son acte. Tu veux savoir mon truc pour arrêter de me sentir boulet? Et bien je fais ma vie de mon côté, et je me contente d'être à sa disposition et de faire exactement ce qu'il me dit parce que lorsqu'il le demadne je sais qu'il a vraiment besoin de moi, et surtout je sais ce que je dois faire, c'est là qu'on se sent utile.
- Mais en faisant ma vie de mon côté, je fais que des conneries...
- Tu es encore très jeune, alors il a des scrupules à faire appel à toi. Quand tu seras devenu plus vieux, plus sage et plus puissant, tu verras il ne pourra plus se passer de toi. C'est agaçant mais j'ai constaté que Kendy est comme une femme, il a toujours raison. Tout ça, ça fait un sacré personnage hein? Ca ne m'étonne pas qu'il ait réussi à grimper les marches du pouvoirs... il a toujours été ambitieux, heureusement il est moins idéaliste qu'avant...
- Ca serait beaucoup mieux si c'était lui, l'empereur, approuva Woofang.
- Ne lui dis jamais ça, il ne veut pas du tout, il préfère agir dans l'ombre de son seigneur, c'est pour ça que ça colle avec Altaïr: il s'occupe du jeu de scène, et pour ça il est très fort, pendant que Kendrakar magouille derrière. Et surtout, comme ça, c'est Altaïr qui prend. La couronne, ça pèse lourd. Kendy en a déjà gros sur la patate de ce qu'il s'est passé en Elir...
- Quand il se réveillera, j'irai le remercier...
- Il y a peut-être un autre moyen de faire ça. Viens jouer avec moi à la balle sous sa fenêtre, et avec Enarlis aussi... ça lui fera plaisir je t'assure, c'est le plus beau cadeau que vous pourriez lui faire.
- Où est Enarlis?
- Je vais le chercher! »

# Gepost op zaterdag 10 februari 2007, 21u07

Chapitre Trentième - Part V

Shin-ru détala comme un lézard. Woofang quant à lui sortit de la maison pour se rendre dans le jardin, sous la fenêtre de son maître, après s'être emparé de la balle de la chimère. Un peu plus tard, Enarlis arriva en tenant le petit dragon par la queue.

« Il paraît que tu veux me parler? demanda t-il. »

Shin-ru profita de la distraction d'Enarlis pour attrapper son bâton et changer de taille, puis s'enfuit en courant.

« EEEEEh! Rends-moi ça! s'écria le jeune elfe en commençant à lui courir après. »

Enarlis fut vite rejoint par Woofang pour courser la chimère, et, ensemble, ils parvinrent à l'attrapper. L'un le ceintura, l'autre lui tira la queue.

« Prends-lui le bâton Woofang! lança le jeune elfe. »

Enarlis finit par coller le dragon au sol, mais Shin-ru résistait et tenait fermement son butin entre ses dents. Woofang n'hésita pas à faire montre de violence, et lui administra une tape magistrale sur le museau. La chimère lâcha. L'adolescent attrapa le bâton et recula, puis tendit sa main à Enarlis qui y tapa la sienne en marque de victoire, après avoir lâchéle dragon.

Shin-ru se secoua histoire de se remettre les idées en place, puis sauta alors sur Woofang pour récupérer ce qu'il lui avait pris. Enarlis fit signe à ce dernier de lui faire la passe, et la chimère changea alors de cible en protestant contre l'inégalité numérique. Néanmoins, le dragon parvint à intercepter une passe d'un battement d'ailes.

« Tu triches! S'exclama Woofang.
- Vous auchi, se défendit la chimère.
- Tu ne pourras pas t'enfuir cette fois...s'extasia Enarlis. »

Woofang s'empara de la chaîne de sa faucille, avec pour but d'attacher les pattes du petit dragon.

« Chaprichti, che chui encherclé! constata ce dernier. Kaï!
- Haha, on gagne de deux à un! s'écria joyeusement le jeune elfe. »

Woofang tira alors sur sa chaîne, et la chimère perdit l'équilibre et se retrouva au sol. Le garçon en profita pour lui lier les pattes. En relevant la tête, l'adolescent aperçut son ami faire un signe de la main vers la fenêtre. Kendrakar était au balcon, appuyé sur la rembarde, vêtu d'une sorte de robe de chambre d'intérieur. Il était encore un peu pâle, mais il avait déjà l'air de bien mieux se porter. Cela remonta le moral du jeune adolescent qui à son tour le salua de la main, et son maître lui répondit.

Shin-ru profita de ce répit qui lui avait été accordé pour se libérer de la chaîne qui l'entravait, mais Enarlis réagit bien promptement, en lui sautant sur le dos, n'écoutant que son courage. Woofang mit un peu plus de temps à comprendre ce qu'il se passait, mais eut la même idée, si bien qu'il se retrouva sur le dos de la chimère aux côtés de son ami et frère.

« Ha, vous voulez jouer à ça? les défia Shin-ru en déployant ses ailes.
- Allez! l'encouragea Enarlis.
- Ho, non! supplia Woofang. »

Malheureusement pour l'adolescent, la chimère avait pris le parti d'Enarlis, et pris son envol avant d'adopter sa taille normale, bien plus imposante. Kendrakar qui devenait de plus en plus petit à leurs yeux continua de leur faire des signes d'en-bas, et alors que son fils s'extasiait de cette envolée, son disciple restait crispé et gardait les yeux fermés. Il avait toujours été terrifié par la hauteur.

« Ca va Woofang? S'enquit Enarlis.
- Ouais...maugréa l'intéressé.
- Tu n'aimes pas voler? »

Woofang détourna la tête afin que le jeune elfe ne vit pas que cela le terrifiait, mais sa façon de s'agripper à Shin-ru le trahissait.

« J'ai le vertige, grommela t-il.
- Le vertige, c'est uniquement quand on est reliés au sol, le contredit Enarlis. J'adore ça, on se sent vraiment libre!
- Ben appelle ça comme tu veux...
- Dommage, moi qui voulais m'amuser avec Talilm.
- On va encore se prendre la honte, intervint Shin-ru.
- Si je vous embête, vous le dites et je descends hein, se vexa Woofang. Tiens, pose-moi.
- Mais non, justement on est deux, le rassura Enarlis. On représente le poids d'un archange, ça t'aidera Shin.
- Pose-moi j'ai dit, répéta Woofang. »

Shin-ru reposa tout le monde, et l'adolescent boudeur prit le chemin de la maison.

# Gepost op zaterdag 10 februari 2007, 21u08